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"Interpeller sans mettre en danger": comment les autorités luttent contre les rodéos sauvages

Avec le retour des températures estivales, les rodéos sauvages à moto se multiplient dans de nombreuses communes de France. À Épinay-sous-Sénart dans l'Essonne, les habitants tentent de se réapproprier l'espace public en l'occupant.

Sur une petite place ensoleillée, sous les tonnelles, les habitants d'Épinay-sous-Sénart prennent l'apéritif ce dimanche. Le but? Se réapproprier l'espace public face aux rodéos à moto qui touchent la ville de 12.000 habitants: "Vous entendez pendant des heures une moto qui tourne", s'exaspère Valérie. Sous ses fenêtres, les jeunes prennent souvent la rue pour un circuit. C'est donc important de se réunir avec les autres riverains: "On ne veut pas baisser les bras, on veut essayer de retrouver le quartier qu'on a connu, faire comprendre aux jeunes que c'est aussi notre quartier et qu'on aimerait en profiter calmement comme précédemment".

21, 22 et parfois même 23h, jusqu'à tard le soir, les jeunes à moto font résonner leur moteur, ce qui angoisse Virginie: "Ils coupent les chicanes, cela fait un bruit énorme. Et puis ils slaloment entre les gens, la dernière fois ils ont failli percuter le bus dans lequel je me trouvais". Car les riverains ont aussi peur de se faire renverser en traversant la route. Denise ne mâche pas ses mots: "Ça me met en colère, ce n'est pas normal qu'ils agissent comme ça. Ou alors ils n'ont qu'à aller en forêt. Faire ça là, c'est dangereux", peste-t-elle.

Prévention plutôt qu'intervention

De son côté, Anthony relativise. Pour lui, ce ne sont que des jeunes qui s'amusent et passent le temps: "Ils ne font pas ça souvent longtemps, ça ne dure pas toute l'après-midi, les enfants aiment bien, c'est pour amuser la galerie surtout."

Mais une bonne partie des riverains n'en peuvent plus. Un fléau national qui touche les communes alentours. La police ne peut pas tout le temps les pourchasser, le risque d'accident est trop grand: "La seule arme qu'on c'est la dissuasion et la présence policière parce qu'on sait que quand on est là, ils ne sont pas en train de faire du rodéo. Cela reste compliqué, on est pris entre le fait de faire notre travail et les risques encourus quand il y a des refus d'obtempérer", explique à RMC Guillaume Roux, délégué départemental Unité SGP Police.

Alors à Épinay-sous-Sénart, un travail de prévention auprès des jeunes est réalisé des motos sont aussi saisies. Mais pour Faten Hidri, vice-présidente de l'agglomération. Une autre piste doit être étudiée pour stopper les rodéos: "Il faudrait utiliser de manière systématique des drones qui puissent poursuivre les auteurs de rodéos jusqu'au point de chute et qu'une interpellation puisse alors se faire sans mettre personne en danger", soutient-elle. Mais pour le moment, l'utilisation de drone par la police nationale ou municipale n'est pas encore autorisée par la loi. La semaine dernière, les policiers municipaux de Épinay-sous-Sénart ont saisi deux motocross responsables de rodéos urbains.

Maxime Levy et Aymeric Dantreuille (avec G.D.)