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Apnée du sommeil: l'ANSM ordonne une accélération du remplacement des machines Philips

L'agence de sécurité sanitaire demande a confirmé ce vendredi avoir pris une mesure contraignante à l'encontre de Philips après les révélations de RMC sur les risques liées aux appareils contre l'apnée du sommeil.

Après les révélations de RMC lundi, l'affaire des respirateurs Philips a fortement accéléré durant la semaine. Après les témoignages d'utilisateurs inquiets de la possibilité de lien entre ces machines contre l'apnée et l'apparition de cancers, l'autorité française du médicament, l'ANSM, s'est saisie du dossier.

Cette dernière appelle Philips à procéder au remplacement plus rapidement, sous peine de poursuites judiciaires. Et ce vendredi, l'ANSM a même pris une mesure contraignante à l'encontre du géant industriel afin de l'obliger à accélérer le remplacement des appareils respiratoires défectueux.

L'Agence "prend une décision de police sanitaire pour accélérer le remplacement de certains appareils" Philips, a-t-elle déclaré dans un communiqué. Le groupe néerlandais a annoncé à l'été dernier qu'il rappelait dans le monde plusieurs modèles d'appareils destinés à aider les patients à mieux respirer, notamment utilisés contre l'apnée du sommeil.

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Si Philips ne respecte pas la décision, il encourra ainsi des poursuites pénales

Ces appareils, qui sont utilisés par 370.000 patients en France et 1,5 million dans toute l'Europe, contiennent une mousse insonorisante. C'est celle-ci qui est en cause: le groupe a remarqué que des particules sortaient de l'appareil et pouvaient donc être inhalées ou ingérées par le patient.

Cela peut provoquer des irritations, comme des maux de tête. Le groupe a aussi évoqué un risque "potentiel" de cancers à long terme, même si celui-ci n'est pas avéré.

Mais, plus de six mois après cette annonce, les autorités françaises regrettent une trop grande lenteur de Philips à remplacer les appareils défectueux. Selon l'ANSM, le groupe n'a remplacé que 7% des respirateurs en cause.

La "décision de politique sanitaire" est une mesure d'ordre contraignante. Si Philips ne la respecte pas, il encourra ainsi des poursuites pénales. Dans le détail, l'ANSM demande à ce que trois quarts des appareils soient remplacés ou réparés d'ici à la mi-2022, puis la totalité à la fin de l'année. L'agence veut aussi que Philips engage une étude précise des risques représentés par ses appareils et lui adresse ses résultats d'ici un an.

Il vaut mieux garder le respirateur que s'en débarrasser sans remplacement

Mais l'ANSM, qui craint aussi un vent de panique chez les patients, a aussi rappelé qu'il valait bien mieux garder son respirateur défectueux que s'en débarrasser sans remplacement.

"L'arrêt du traitement présente un risque avéré à court terme, par exemple une somnolence accidentogène, un surrisque cardiovasculaire, ou encore une aggravation de l'insuffisance respiratoire", a-t-elle détaillé.

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La rédaction avec AFP