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"C'est moins violent et plus acceptable qu'un confinement": pourquoi le gouvernement privilégie un couvre-feu généralisé à 18h

23 départements sont actuellement soumis à un couvre feu avancé à 18h. Le Var et la Drôme, devraient eux aussi instaurer un confinement avancée ce mardi.

Le rendez-vous est fixé jeudi. Alors que plusieurs médecins réclament un troisième confinement immédiatement, dans une tribune publiée dans le journal Le Monde, Jean Castex, le Premier ministre, prépare les esprits. "Il ne faut pas exclure un troisième confinement, en dernier recours. Mais les chiffres nous laissent penser que le couvre-feu suffit", a-t-il affirmé. 

Quels effets ont eu les fêtes de fin d'année sur la circulation du Covid-19? A quel point le variant britannique, plus contagieux, a pris racine en France? Une semaine cruciale, marquée aussi par l'arrivée d'un deuxième vaccin, s'ouvre dans la lutte contre l'épidémie. Après avoir repoussé la réouverture des bars, restaurants, lieux culturels et avancé dimanche le couvre-feu à 18h pour huit nouveaux départements, soit 23 au total (ils seront 25 mardi), l'exécutif voit encore se profiler des choix difficiles. Un conseil de défense sanitaire est prévu mercredi, à la veille d'une nouvelle conférence de presse gouvernementale jeudi.

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Le gouvernement se prépare à "toutes les hypothèses" mais veut "éviter jusqu'au bout un confinement des écoles", a confié l'un des participants à une réunion lundi du comité de liaison parlementaire, où le Premier ministre Jean Castex a fait le point avec les chefs de groupes à l'Assemblée et au Sénat.

L'exécutif privilégie donc la piste d'une généralisation du couvre-feu dès 18 heures, à toute la France. Objectif, mettre un coup de frein à la progression du variant Britannique, qui touche au moins sept régions. "Le couvre-feu, c'est moins violent et plus acceptable qu'un confinement", justifie un député macroniste influent.

Conseil de défense mercredi matin

"Venez voir, tout est fermé dès 17h30, les dégâts économiques seront considérables", râle un parlementaire d'un des 23 départements. Ils seront 25 à partir de ce soir où le couvre-feu s'applique déjà dès 18 heures. Malgré de premiers effets palpables, la mesure ne semble pas faire consensus. Preuve qu'une fois de plus, l'exécutif marche sur des œufs.

La piste sera examinée lors d'un nouveau conseil de défense sanitaire mercredi matin. 

Alors que la circulation du virus est repartie à la hausse en décembre, les fêtes de fin d'année font craindre un rebond plus net en janvier. Santé publique France a comptabilisé 96.743 cas positifs la semaine du 28 décembre, "en nette augmentation", et 28.830 personnes testées le 4 janvier, jour de la rentrée, se sont avérées positives, au plus haut depuis la mi-novembre, selon les données de la plateforme Geodes.

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Dans les hôpitaux, la charge reste élevée, avec 24.812 malades atteints du Covid hospitalisés lundi, dont 2.666 en réanimation, un niveau qui n'a pas sensiblement baissé depuis près d'un mois. La semaine dernière, le nombre de décès quotidiens a oscillé entre 150 et 380, portant le bilan total à 67.750 morts depuis le début de l'épidémie.

Autre inquiétude: à quel point le variant "VOC 202012/01", qui a provoqué une flambée épidémique au Royaume-Uni, s'est-il installé en France? Pour essayer d'y répondre, et face à l'apparition de premiers clusters potentiels, une enquête nationale a été lancée, sous l'égide de Santé publique France, pour faire une "première cartographie" de ce variant, en analysant tous les tests positifs de jeudi et vendredi derniers.

>> CARTE INTERACTIVE - Ces 23 départements qui sont déjà passés au couvre-feu à 18h

Paul Barcelonne avec Guillaume Descours