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Couvre-feu à 18 heures: "Les soirées sont longues, il faut avoir de l'imagination"

15 départements sont concernés pour un couvre-feu à 18 heures pour faire face à l'épidémie, et pourraient être rejoints par dix autres ce jeudi soir.

Le couvre-feu a été avancé à 18h, dans 15 départements le 2 janvier. "La carte peut évoluer car le virus circule", affirmait le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, mercredi midi à l'occasion du compte-rendu du conseil des ministres. Selon nos informations, Jean Castex pourrait annoncer ce jeudi soir qu'une dizaine de départements de plus pourraient être concernés par ce couvre-feu anticipé.

15 départements, principalement dans l'Est de la France, sont déjà soumis à ce couvre-feu plus strict depuis samedi dernier. Alors comment vivent les habitants concernées depuis quelques jours? 

>>> CARTE INTERACTIVE - Les Bouches-du-Rhône et 10 autres départements bientôt concernés par le couvre-feu à 18 heures?

Cinq jours de couvre feu à 18h, c’est déjà beaucoup trop pour le moral d’Hugo. Pour lui, comme pour beaucoup d’autres, les soirées sont très longues en ce moment.

"Ce n'est pas une heure à être rentré chez soi. On joue aux jeux vidéos, on lit, on passe le temps comme on peut. Il faut avoir de l'imagination!"

"Il faut bien assurer un minimum de service public"

Mais avant de se poser tranquillement dans le canapé, c’est souvent une montée de stress pour Christelle. Cette mère de famille en regretterait presque le couvre feu de 20h, qui lui laissait 2h de plus en décembre.

"On pouvait plus facilement circuler. On se dépêche encore plus pour pouvoir rentrer à temps !"

La bonne nouvelle depuis cinq jours, c’est qu’on peut passer plus de temps en famille, avec les enfants. "On a plus de temps pour s'occuper d'eux. Pour préparer les choses pour le lendemain, confirme Mathilde, fleuriste dans le centre d’Epinal, qui a quand même du réorganiser complètement son activité.

"On commence à rentrer notre étal à 17h30, normalement c'est 19h30, les gens venaient à la sortie du boulot faire leurs achats mais là faut s'organiser autrement. Pour eux, comme pour nous."

Et même avec ça, difficile de respecter le couvre-feu. "On rentre ric-rac", concède-t-elle. Pour éviter aux gens de trop courir, la ville d’Epinal a maintenu certains services publics, la garde d’enfants par exemple jusqu’à 19h. Une évidence pour le maire de la commune, Patrick Nardin.

"Si on veut que la population active puisse continuer à vivre tout simplement au delà de 18 heures, il faut bien assurer un minimum de service public. On ne s'est pas posé la question de stopper la garde à 18 heures."

Un élu plutôt compréhensif : il précise que la police municipale est toujours appelée à sensibiliser plutôt que verbaliser ceux qui sont toujours dehors après 18 heures.

Martin Bourdin (avec J.A.)