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Comment la pandémie a-t-elle perturbé le sommeil des Français?

Les Français dorment plus, mais pourtant, ils se sentent plus fatigués. La raison? la pandémie et les restrictions sanitaires.

Dormir à poings fermés, pour Judith, c’est un lointain souvenir: "J'ai beaucoup plus de mal à m'endormir et ça m'arrive aussi de me réveiller dans la nuit pour aucune raison. J'angoisse et ça peut durer longtemps, c'est vraiment depuis le confinement". Comme elle, près de 40% des jeunes estiment leur sommeil perturbé par des insomnies et des réveils en pleine nuit.

Et la fatigue se ressent: "La fatigue de se dire qu'on se réveille pour se dire qu'on va commencer des journées qui ne vont pas être forcément très intéressante vu qu'il y a le Covid-19", raconte Camille une étudiante en hôtellerie. Pourtant, elle dort plus que d'habitude ! Mais elle se sent épuisée: "Quand je suis en cours je dors 9h mais je suis pourtant fatiguée quand je me lève, je n'ai même pas envie d'écouter les cours".

Les Français dorment plus! Mais pourtant, ils se sentent plus fatigués, c'est ce que révèle une enquête Opinionway, pour l'Institut national du sommeil et de la vigilance et la MGEN, publiée mardi. Avec 6h41 de sommeil en semaine et 7h33 le weekend (en 2020), notre temps de sommeil est à la hausse par rapport aux années précédentes, une première depuis presque 20 ans. Mais ce sommeil n'est pas forcément de qualité, principalement en période de restrictions sanitaires.

La fatigue de ces jeunes est psychique. C’est tout le problème pour Georges Vigarello chercheur à l’Ecole des hautes études en sciences sociales: "On dort plus mais on dort plus mal. Du coup on est plus fatigué. Ceux qui souffrent de façon plus accentuée sont les jeunes qui se projettent dans le temps et sont empêchés de façon plus accentuée".

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Les femmes plus touchées

Mais les travailleurs ne sont pas épargnés non plus: "Le confinement met les gens en situation d’organiser différemment leur sommeil", ajoute sur RMC le docteur Sylvie Royant-Parola, Psychiatre, spécialiste des troubles du sommeil. Et si le télétravail "permet de se lever plus tard", "le sommeil "est plus fractionné que d’habitude".

Et avec le second confinement "les troubles se chronicisent". "Il y a un niveau d’alerte plus élevé car l’angoisse est plus sourde et touche plus de monde. Angoisse et sommeil ne font pas bon ménage : l’angoisse fractionne le sommeil. Il y une augmentation du niveau d’angoisse, et notamment chez les jeunes. Les femmes ont plus d’anxiété et il y a un retentissement de la situation sur le sommeil".

Un quart des Français cherche à mieux dormir depuis le deuxième confinement en "faisant plus de sport, mangeant différemment". Il faut "mettre en place des routines dans ce monde où il n’y a plus les repères qui scandent nos journées, remettre de la régularité dans les horaires de levées, pratiquer une activité physique, 20 ou 30 min tous les jours", conseille Sylvie Royant-Parola. Enfin, elle préconise de s’exposer "un peu à la lumière du jour".

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Maryline Ottmann (avec Guillaume Dussourt)