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"Je ne suis pas si costaud que ça": en réanimation, le profil des patients atteints du Covid a changé

Une évolution constatée notamment dans le service de réanimation de l'hôpital Robert Bellanger à Aulnay-sous-bois en Seine-Saint-Denis. Ici, il y a deux fois plus de patients âgés de 45 à 50 ans que lors de la première vague, en mars dernier.

C'est un constat fait par beaucoup de médecins réanimateurs, l'âge des patients atteints du Covid-19 et hospitalisés en réanimation diminue. Une évolution des profils avec ces patients pourtant moins à risque hospitalisés en réanimation qui pourrait être due au variant anglais, désormais majoritaire en France.

Allongé sur un lit de réanimation, un grand gaillard, musculeux, athlétique, sous oxygénation. “Je m’appelle Daniel, j’ai 47 ans”, indique-t-il.

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47 ans et surtout, pas d'antécédent de santé qui aurait pu faire craindre à Daniel de se retrouver là, à l'hôpital, après avoir contracté le coronavirus.

“Je n’ai jamais cessé de faire du sport tous les jours. Donc c’est pour ça que je n’étais pas très inquiet par rapport au Covid, et c’est là que je suis tombé de haut parce que je ne pensais pas du tout que j’allais subir tout ça. En fin de compte, je ne suis pas aussi costaud que ça”, confie-t-il.

Ici, par rapport à la première vague, deux fois plus de patients sont âgés de 45 à 50 ans et davantage de cas ne présentent pas de comorbidité.

Le variant anglais responsable

Pour le docteur Avenel, c'est le variant anglais, responsable de 70% des contaminations dans cet hôpital, qui est à l'origine de cette évolution. Et c'est inquiétant.

“On parle toujours des lits de réanimation, mais derrière, ce sont des gens qui meurent, des gens jeunes de plus en plus. Donc il faut aussi dire, est-ce qu’on doit tolérer ça ?”, questionne-t-il.

Et cela pose même la question de la pertinence de la stratégie vaccinale française, avance ce médecin réanimateur. Une stratégie axée en priorité vers les personnes âgées et à risque.

Nicolas Ropert et Benoît Ballet avec Guillaume Descours