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Coronavirus: l'inquiétude grandit chez les chauffeurs de bus de Creil dans l'Oise

Les chauffeurs de bus ont obtenu des masques, du gel hydro-alcoolique et le droit de maintenir leur vitre anti-agression constamment relevée pour continuer à travailler. Mais ils craignent toujours que l'épidémie passe au stade 3.

Face au coronavirus, plusieurs professionnels ont fait valoir leur droit de retrait comme les employés du Louvre, maintenant le musée le plus visité du monde fermé jusqu’à nouvel ordre. Dans l’Essonne, la majeure partie des conducteurs de bus exercent leur droit de retrait. Hier, des dizaines de lignes ont été interrompues et le mouvement pourrait se poursuivre aujourd’hui.

À Creil dans l’Oise, à 30 km de Crépy-en-Valois, les conducteurs de bus sont également inquiets, notamment de toujours accueillir des passagers alors que les écoles de la ville sont fermées. Hicham el Abadi et ses collègues ont obtenu des masques et du gel hydro-alcoolique après avoir exercé leur droit de retrait lundi.

"Avec ce qu’ils nous on fournit, cela nous protège un peu et cela nous remonte le moral mais on n’est jamais sûr à 100%", explique ce délégué syndical SNTU CFDT, alors que les chauffeurs ont également reçu le droit de remonter en permanence la vitre anti-agression.

"Les services publics sont absolument essentiels"

Mais l’inquiétude règne toujours parmi les chauffeurs de bus: "On dessert l’hôpital, on transporte des infirmières, des médecins et des patients donc on a un petit peu peur par rapport à notre famille. Pour l’instant on est en phase 2 mais si l’on passe en phase 3, alors là on arrêtera peut-être complètement le réseau", prévient Hicham el Abadi.

Le maire (PS), à l’origine des propositions avec la direction de la régie de transports de bus, remercie les chauffeurs d’avoir repris le travail : "Les services publics à cause du Covid-19 sont absolument essentiels", estime Jean-Claude Villemain. Car l’immobilisation des bus serait encore pire : "Cela va augmenter la psychose et se rendre chez le médecin en centre-ville va devenir un véritable parcours du combattant", conclu l’élu.

Nicolas Traino (avec Guillaume Dussourt)