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Coup de filet au sein des "V_V", un groupe d'"antivax" auteur de raids numériques massifs

Police (illustration)

Police (illustration) - AFP

La justice leur reproche d'avoir harcelé de façon concertée trois personnes entre le printemps et la fin de l'été 2021. Parmi elles figurent la députée LREM mosellane Isabelle Rauch, la sénatrice PS de Charente Nicole Bonnefoy et un chef de service du CHU d'Amiens.

Ils auraient publié des centaines de messages virulents en quelques heures: huit membres du groupe antivaccins "V_V" comparaîtront à Paris pour harcèlement moral en ligne, après des actions concertées et ciblées sur deux parlementaires et un médecin en 2021. Deux hommes et six femmes ont été interpellés mardi en Moselle, dans le Rhône, la Seine-et-Marne, les Hauts-de-Seine et le Finistère et seront jugés à une date ultérieure, a appris mercredi l'AFP auprès du parquet de Paris.

Le coup de filet, coordonné par l'Office central de lutte contre les crimes contre l'humanité (OCLCH), a visé des membres du groupe d'origine italienne "ViVi" ou "V_V". Les deux hommes de 45 et 54 ans, dont un Mosellan leader des "V_V" en France, et les six femmes âgées de 40 à 52 ans ont été placés en garde à vue dans le cadre d'investigations menées depuis le printemps par le pôle national de lutte contre la haine en ligne.

Ils comparaîtront devant le tribunal correctionnel de Paris pour harcèlement moral par un service de communication en ligne. Ils risquent jusqu'à deux ans de prison et 30.000 euros d'amende.

La justice leur reproche d'avoir harcelé de façon concertée trois personnes entre le printemps et la fin de l'été 2021. Parmi elles figurent la députée LREM mosellane Isabelle Rauch, la sénatrice PS de Charente Nicole Bonnefoy et un chef de service du CHU d'Amiens, ont indiqué des sources proches du dossier à l'AFP.

"On a le droit de ne pas être d'accord, il n'y a pas de délit d'opinion en France, et heureusement. Mais les raids numériques, la haine en ligne, ça on n'a pas le droit (...) C'est trop simple d'être derrière un clavier", a réagi Mme Rauch, sollicitée par l'AFP.

"Ils ont récupéré ma photo et l'ont utilisée sur les réseaux. (...) C'est quand même choquant de voir son visage marqué d'une croix gammée et qu'on vous traite de nazi parce que vous êtes pour la vaccination", s'est indignée de son côté Mme Bonnefoy.

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"Guerriers"

"En ce moment les élus sont l'objet de menaces par les antivaccins et comme les discours de haine annoncent les actes de haine, il fallait agir", a expliqué à l'AFP le général Jean-Philippe Reiland, patron de l'OCLCH.

Les "V_V" rassemblent environ 300 sympathisants en France, "dont une centaine vraiment actifs", selon le haut-gradé. 

Le nom du mouvement "V_V" viendrait du verbe italien "vivere" ("vivre") et son logo, un double V rouge au centre d'un cercle, détourne celui de la BD devenue film, "V pour Vendetta".

Les membres, qui se décrivent comme des "guerriers", mettent en avant dans leurs profils numériques le masque stylisé de Guy Fawkes, popularisé par les hackers d'Anonymous et devenu emblème de la défense des libertés.

En décembre, le directeur des enquêtes sur les menaces émergentes de Facebook, Mike Dvilyanski, avait expliqué que les membres de ce groupe se coordonnaient notamment via la messagerie Telegram. Les volontaires avaient accès à des listes de personnes à cibler et à des "formations" pour échapper à la détection automatique du géant américain.

Sur les réseaux, leur tactique consistait notamment à laisser des commentaires sous les messages des personnes visées, plutôt que de poster des contenus. Pour passer au travers de la détection automatique de Facebook, ils utilisaient des orthographes légèrement modifiées comme "vaxcinati" au lieu de "vaccinati", pour dire "les personnes vaccinées" en italien.

Sous des publications d'institutions, d'élus ou d'articles de presse, on peut ainsi voir apparaître des dizaines de messages parfois parfaitement identiques, publiés dans un laps de temps court. Ils dénoncent un "chantage vaccinal", "le véritable virus (qui) est le gouvernement et le système qui tuent les personnes et détruisent la société" et disent "stop à la suppression des droits".

Après leur avoir consacré un article en juin 2021, le journal Le Parisien avait été victime d'un raid numérique sur sa page Facebook avec "plus de 1.400 commentaires haineux" postés en seulement trois heures.

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La rédaction avec AFP