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Covid-19: "On a déjà commencé à trier les patients à l'hôpital" dénonce un neurologue sur RMC

Sur RMC, le neurologue dénonce un "tri insidieux" et dont on parle beaucoup moins à l'hôpital alors que la situation sanitaire continue de se dégrader.

Il l’affirme, la situation sanitaire à l’hôpital n’est plus tenable. Invité sur RMC ce mardi matin, François Salachas, neurologue à la Pitié-Salpêtrière, a assuré que face à la pandémie, l’hôpital ne peut actuellement plus soigner tous les patients.

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Selon lui, le tri, qui est évoqué depuis des mois, existe déjà. 

“On a déjà commencé à trier. Il y a plusieurs types de tri. Il y a le patient qui serait éligible à la réanimation et qui va avoir une perte de chance de ne pas pouvoir être pris en temps et en heure dans des services spécialisés. 
Et puis il y a un autre tri qui est beaucoup moins insidieux, et dont on parle beaucoup moins, c’est le fait que l’hôpital est de nouveau en train de se diriger vers un hôpital Covid essentiellement. Et donc les patients qui n’ont pas le covid font les frais de cette question-là. On en a déjà parlé, mais ça dure depuis un an. C’est vrai pour le dépistage des cancers, pour les maladies chroniques. Donc les patients Covid-négatif sont déjà victimes du tri”, assure-t-il. 

"Les soignants demandent simplement de pouvoir soigner!"

Mais selon lui, les problèmes à l’hôpital sont bien plus vieux que la crise du coronavirus. En effet, il avait déjà alerté par le passé avec les autres soignants sur les conditions de travail et les moyens dont disposent les soignants. Mais ils ne se sentent pas écoutés.

“On se sent seul sur le fait qu’on crie dans le désert depuis des années, surtout depuis un an et demi. Tout ce qu’on a dit sur le fait que l’hôpital est dans une situation extrêmement précaire n’a pas été écouté. Et on se retrouve à devoir gérer un énorme problème sans avoir eu un progrès dans les moyens qu’il y a en face. 
La trajectoire de l'hôpital public en France ne s'est pas modifiée depuis la crise du Covid. Rien n'est ressorti sur les fondamentaux. On demande un milliard d'économie à l'hôpital: rien n'a changé. Il faut des décisions courageuses qui engagent l'avenir, il y a urgence à le faire. Les soignants demandent simplement de pouvoir soigner et pour l'instant ce n'est pas possible, c'est quand même fou", appuie-t-il.

Avec près de 5000 malades actuellement soignés en réanimation, le pic de la deuxième vague, en novembre, est donc dépassé, preuve que la situation épidémique continue de sérieusement s'aggraver. 

Guillaume Descours