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"Dans cette opération de vaccination les maires sont en première ligne", estime le maire de l'Haÿ-les-Roses, Vincent Jeanbrun

Dans les territoires ruraux, les maires sont bien souvent pris au dépourvu. Assaillis de coup de téléphone par leurs administrés qui veulent savoir quand ils seront vaccinés sans pour autant avoir de réponse à leur apporter.

Des maires prennent des initiatives pour faciliter la campagne de vaccination contre le Covid-19. Elle a commencé officiellement pour les plus de 75 ans il y a une semaine. Ce sont les maires qui ont mis en place toute la logistique en réquisitionnant d'abord des gymnases ou salles municipales pour en faire des centres de vaccination en mobilisant aussi leur personnel médical. 

De nombreuses mairies ont créé des plateformes d'inscription avec des standards dédiés, d'autres ont appelé directement les seniors de leurs communes afin de les informer et de prendre leur rendez-vous, comme à Melun. Certains maires de communes rurales ont même fait du porte-à-porte, c'est le cas du maire de Lamothe en Haute-Loire et beaucoup de communes proposent aussi des solutions de transport gratuits.

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La communauté urbaine du grand Reims a elle affrétée un bus pour aller vacciner les personnes âgées les plus isolées, mais aujourd'hui le principal problème des maires, c'est le manque de doses de vaccins. À tel point que certains aimeraient pouvoir les commander directement auprès des laboratoires, le maire du Raincy en Seine-Saint-Denis a déjà pris des contacts mais cette solution est aujourd'hui interdite par les autorités.

Des maires obligés de récupérer les vaccins eux-mêmes

Vincent Jeanbrun, maire de l'Haÿ-les-Roses, est venu ce lundi matin à l’hôpital vient en personne, récupérer les doses de vaccins pour les habitants de sa ville.

“On voit que dans cette opération de vaccination les maires sont en première ligne. Nous sommes obligés de tout gérer de A à Z. Pour être tout à fait clair, nous aurions commandé les vaccins directement aux laboratoires, ça aurait été pareil voir peut-être que les laboratoires auraient fait l’effort de nous livrer. Mais nous sommes obligés, avec les agents municipaux de venir deux fois par semaine chercher nous-même les vaccins et de fait prendre tous les risques logistiques”, indique-t-il. 

Il estime que la pression est très importante pour le personnel en charge de l’acheminement des vaccins, car le protocole logistique est très lourd. Il pointe ainsi du doigt une forme d'irresponsabilité de l’Etat et attend des changements. 

“Si on n’a pas plus de vaccins très rapidement, on va devoir arrêter la vaccination de nouveaux patients pour ne faire que la deuxième injection au primo-vacciné. Et ça crée de l'incompréhension. Quand le Premier ministre dit ça y est, on a atteint le million de vaccinés, c’est faux on a simplement atteint le million de primo-vaccinés et ils doivent encore recevoir une deuxième injection", indique Vincent Jeanbrun.

Aurélia Manoli avec Guillaume Descours