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"Si le maire ne s’occupait pas de cette question, il ne jouerait pas son rôle": ces maires s'engagent pour la vaccination

"Vaccination: le combat des maires" - Des Ardennes à l’Île-de-France, les élus municipaux font tout pour protéger leurs anciens. Manque de doses, centres de vaccination parfois trop éloignés, difficulté à prendre des rendez-vous.

A l’heure des pommes de terre sautées et des dominos, le maire d'Août nous emmène avec lui faire sa tournée. Dans le village de 200 âmes, Xavier Coffart fait le point sur le vaccin, en personne, avec chaque habitant âgé ou fragile. Jamais confronté à une telle situation en près de 40 ans de mairie, Xavier Coffart a décidé de rassurer et d’expliquer pour sensibiliser les indécis.

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“C’est le petit déclic qui peut changer beaucoup de choses”, indique le maire. Les visites s’enchaînent. Le maire promet de défendre ses habitants face au préfet pour que les campagnes ne soient pas oubliées. Car dans le village endormi même en plein jour par l’épidémie, le vaccin est une préoccupation de chaque instant pour ce maire.

“A la réflexion, si le maire ne s’occupait pas de cette question qu’est la vaccination, il ne jouerait pas son rôle de maire. Encore une fois, si nous voulons retrouver une vie sociale correcte, il faut pouvoir faire en sorte que”, assure Xavier Coffart. 

Un bras de fer avec l'Etat

On quitte maintenant les Ardennes pour la région parisienne, où le vaccin est également une priorité absolue pour le maire de Melun, en Seine-et-Marne. Louis Vogel a mis en place un standard téléphonique spécial vaccin pour appeler, une par une, les 2000 personnes de 75 ans et plus.

“Pour les personnes âgées, le numérique, c’est parfois un obstacle. Donc ce qu’on fait, c’est qu’on les appelle pour prendre des rendez-vous, on les aide à s’inscrire et pour ceux qui ne peuvent pas se déplacer, on va les chercher. À notre niveau, on fait le maximum”, affirme-t-il. 

Mais pour pouvoir faire le maximum, il faut être approvisionné en doses de vaccin et c’est la pénurie dans le département voisin à Villiers-sur-Marne. Pas de centres de vaccination dans la commune ni de rendez-vous disponibles alentour. Le maire Jacques-Alain Bénisti, furieux, menace de désobéir.

“J’ai essayé de me procurer des vaccins Moderna. L’Etat nous indique qu’il saisirait les vaccins s’ils arrivaient. C’est totalement ubuesque. Nous, on dit à l’Etat laissez nous faire parce qu’aujourd’hui, notre population est en danger, car c’est une question de vie ou de mort pour nos plus de 75 ans”, appuie le maire. 

Le gouvernement nous abandonne clame le maire de la commune qui regrette que la campagne de vaccination tourne au bras de fer face à l’Etat.

Nicolas Traino avec Guillaume Descours