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Dépistage, accompagnement, guérison... les nouvelles technologies traquent la maladie d'Alzheimer

Ce mercredi a lieu la journée mondiale de lutte contre la maladie d’Alzheimer. La technologie a un rôle énorme à jouer, que ce soit pour dépister la maladie le plus rapidement possible ou pour accompagner les patients.

Dépister, accompagner voire soigner. La technologie est prometteuse pour la maladie d'Alzheimer. D'abord pour dépister rapidement si possible. Objectif: retarder le développement de la maladie. On estime que 50% des malades ne sont pas diagnostiqués, donc ne savent pas qu’ils sont malades. C’est là qu’intervient l’intelligence artificielle.

Des méthodes de détection bluffantes

Des chercheurs de l’université de Boston travaillent par exemple sur un outil qui permettrait de détecter des signes précurseurs de la maladie de manière très efficace à travers un simple enregistrement de notre voix. Aujourd’hui, on fait passer au patient une batterie de tests sous formes de questions qui visent à évaluer les performances cognitives (mémoire, langage, compréhension…). C’est fastidieux et ça prend du temps. Avec cet outil, pas besoin d’aller chez le médecin, il suffirait de parler devant son ordinateur ou son smartphone et la machine serait capable de détecter toute seule des déficiences cognitives et d’alerter sur le fait qu’il faut aller voir un médecin.

Un autre outil sur lequel travaille l’université de Tokyo, publiée dans la revue scientifique Aging, c’est un algorithme capable de trouver certains signes avant-coureur de démence via les expressions de notre visage. La machine est parvenue à détecter la maladie sans aucun autre indice. L’intérêt, c’est que ce sont des outils faciles, fiables et peu coûteux à mettre en place, car il suffit d’une caméra, d’un smartphone par exemple. Ils permettraient d’organiser des campagnes de dépistage massives. Et puis il y a l’analyse d’images médicales. Un dernier outil, qui analyse les scanners cérébraux, serait même capable de détecter la présence de la maladie six ans avant qu’un diagnostic clinique ne puisse être établi.

Vers une guérison d'Alzheimer?

Alzheimer est une maladie qui ne se soigne pas pour l’instant. Mais les ambitions sont grandes notamment grâce au potentiel des implants neuronaux. Plusieurs projets de puces électroniques qu’on pourraient mettre directement dans le cerveau pour combattre les maladies neurodégénératives, d’Alzheimer à Parkinson mais aussi les pertes de facultés cognitives liées à la vieillesse, des pertes d’attention. L'un des projets s'appelle Kiwi: c'est une puce de la taille d’un grain de riz, elle pèse deux grammes. La startup qui travaille dessus, Ni2o, a été fondée par un professeur d’Oxford et s’est lancée en France, au sein de l’institut du cerveau et de la moelle épinière.

Cet implant se place sur le cerveau en passant par le nez, et il va restaurer des zones endommagées, réparer les fonctions défaillantes du cerveau, via de toutes petites impulsions électriques. L’objectif: réactiver certains neurotransmetteurs pour compenser la perte de certaines capacités cognitives. Ces impulsions vont permettre de réduire ou même de prévenir les tremblements dans le cas de Parkinson ou les pertes de mémoire dans le cas d’Alzheimer. Mais attention, il ne faut pas se créer de faux espoirs avant l’heure: tout cela est encore du domaine du prototype.

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Des robots-peluches pour apaiser les patients

En attendant que tout ça se développe, il faut faire au mieux pour accompagner les patients au quotidien. Dans ces cas-là, les robots peuvent aider. Notamment des "robots-peluches" qui ressemblent à de grosses peluches mais qui sont en réalité des robots à visée thérapeutique. Le bébé phoque Paro, bourré de capteurs, répond au toucher, à la lumière, au son. Il reconnait quand on l’appelle par son nom, il bouge, réagit quand on le caresse, et il va essayer de répéter le même mouvement pour qu’on le caresse à nouveau, exactement comme un animal de compagnie. Déjà utilisé dans certains hôpitaux et maisons de retraite, il a la propriété d’apaiser les malades, calmer les angoisses, l’irritation.

Qoobo est une boule de poils, sans tête mais avec une queue comme celle d’un chat… Une sorte de coussin animé, qui ronronne, qui réagit quand vous le caressez, son cœur bat comme celui d’un petit animal de compagnie. Dans les hôpitaux et les maisons de retraite, il va servir à calmer le stress des patients, et il va stimuler notamment les patients atteints de la maladie Alzheimer. Il est aussi utilisé pour accompagner les enfants autistes.

Anthony Morel (avec MM)