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"Je laisse les gens le faire avant moi pour voir ce que ça donne": témoignages de soignants très réticents face au vaccin AstraZeneca

TEMOIGNAGES RMC - Malgré de nouvelles études plus rassurantes sur ce vaccin, les soignants restent très méfiants notamment à cause d'effets secondaires parfois importants suite à l'injection.

Seul un quart des doses du vaccin AstraZeneca reçues en France ont été utilisées, a annoncé le ministère de la Santé. En cause notamment, la sous-utilisation des doses dans les hôpitaux, notamment pour vacciner les personnels de santé.

Les effets secondaires occasionnés par le vaccin AstraZeneca, font peur à Sophian, cet infirmier libéral refuse de se faire vacciner pour l'instant.

"J’ai des patients qui ont besoin de moi tous les jours, qui ont besoin de soins. Si demain, je suis cloué au lit, il y aura soucis. Je ne peux pas leur dire à dans quatre jours", appuie-t-il.

L'impression, aussi, que les précautions prises jusqu'ici suffisent comme le décrit Bastien, infirmier libéral en Auvergne. “Vacciné ou pas vacciné, je fais les mêmes gestes barrières. Alors oui je ne serai plus un danger pour les autres. Manifestement, je ne le suis déjà pas. Ça fait un an que je n’ai pas vu le virus, que je ne l’ai pas refilé alors que j’ai pris en charge des patients atteints avérés”, pointe-t-il.

Scepticisme, aussi, devant l'hôpital Avicenne à Bobigny avec cette aide-soignante, qui a préféré rester anonyme.

“Hors de question pour l’instant que je me fasse vacciner. Je laisse les gens le faire avant moi pour voir ce que ça donne pendant encore au moins trois, quatre mois facile. Et peut-être qu’après si on est obligé, je me ferai vacciner”, indique-t-elle.

Le vaccin utilisé pour vacciner des patients

Une méfiance que déplore le responsable de la vaccination de l'hôpital, Olivier Bouchaud.

"On a une certaine réticence à la vaccination. C’est-à-dire qu’on n’a pas autant de personnes qu’on pourrait vacciner. Ça me désole parce que la réalité scientifique ne laisse pas de zone d’ombre sur un risque qui serait tellement plus fort que le bénéfice que ça peut apporter", affirme-t-il.

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Dans son hôpital, il tente de faire des réunions pour répondre aux questions des soignants. 

Et en attendant qu'ils en soient convaincus, "il est hors de question qu’on perde des doses, parce que le vaccin est trop précieux. Et donc les doses qui ne sont pas utilisées par les soignants, on les administre aux patients qui eux ne demandent que ça ou pour la population générale”, appuie-t-il.

Et la consommation du vaccin AstraZeneca devrait s'amplifier avec la possibilité de l'administrer aux plus de 65 ans.

Martin Cadoret avec Guillaume Descours