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"Je n’ai plus confiance": les consommateurs boudent-ils maintenant les Kinder?

Après le scandale sanitaire visant les pizzas Buitoni ou les chocolats Kinder, les consommateurs français y pensent à deux fois avant d'acheter dorénavant.

Le groupe Ferrero a-t-il trop tardé à agir après avoir été alerté d'un lien possible entre des produits Kinder et des cas de salmonellose? C'est en tout cas ce qu'affirme l'ONG Foodwatch. Le groupe responsable de la marque Kinder aurait été au courant dès décembre de possibles cas suspecrs, et Ferrero a procédé aux rappels des produits concernés une dizaine de jours après avoir été alerté par les autorités britanniques fin mars. Alors pourquoi ces chocolats sont-ils restés dans les rayons aussi longtemps ? Pourquoi avoir tardé à retirer les produits concernés ? Le groupe italien a reconnu la semaine dernière des défaillances internes.

150 cas de salmonellose ont pour le moment été détectés, principalement chez des enfants, dans neuf pays européens dont la France, où les consommateurs y pensent maintenant à deux fois avant d'acheter cette marque. A trois jours des fêtes de Pâques - où le chocolat est roi- voilà qui fait désordre.

"Je n’ai plus confiance"

A Toulouse, dans les rayons d'une superette de quartier, Natacha est catégorique: "Cela me donne plus trop envie d’en manger depuis que j’ai entendu cette information".

Les produits incriminés ont été retirés des rayons, et des équipes de la répression effectuent des contrôles réguliers. Comme dans cette grande surface, où il reste des produits autorisés de la marque Kinder. Mais Antoine, jeune toulousain, n’y a pas droit: "J’aime les Kinder mais je suis triste parce que ma maman va changer de marque de chocolat". Déborah, sa mère, est très ferme: "C’est trop risqué et donc je n’ai plus confiance au produit. En fait j’ai l’impression qu’ils n’ont pas fait assez de contrôles, pour moi, il vaut mieux ne pas en acheter".

"C’est un peu angoissant, mais il y a des contrôles"

D’autres, comme Guillaume, ont moins d’états d’âmes: "Cela me gêne un peu comme tout le monde, c’est un peu angoissant, mais il y a des contrôles de qualité, donc si c’est vendu et laissé en magasin, je pense qu'on peut avoir confiance aux chaînes de supermarchés et à tous les commerçants".

Cette affaire a fortement impacté les rayons "chocolat" des magasins, avec des baisses de ventes comprises entre 10 et 35%, selon des directeurs et chefs de rayons rencontrés à Toulouse.

Jean-Wilfrid Forquès (édité par J.A.)