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"Je ne suis pas certaine que ce soit la bonne solution": les soignants sceptiques face au confinement instauré à Nice

Le littoral des Alpes-Maritmes confiné pour les deux prochains week-ends. 63 communes sont concernées soit 90% de la population du département.

De nouvelles mesures pour freiner la propagation du virus et tenter de soulager les hôpitaux du département toujours en saturation, notamment dans les services de réanimations plein à 90%.

Dans ces services, les soignants constatent désormais un rajeunissement des patients. Certains établissements comme l’hôpital privé gériatrique Les Sources à Nice ouvrent des lits, mais cela ne suffit pas.

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Les soignants s’activent pour enfiler les tenues de protection et s’occuper des patients covid. L’hôpital a doublé le nombre de lits en unité de soins continus, sans compter les huit lits en réanimation, mais ça ne suffit pas selon Claude Koubi, médecin en réanimation.

“Tous les établissements ont fait d’énormes efforts, mais tout le monde arrive à saturation. On a du mal à imaginer des sollicitations encore plus importantes. On est encore submergé malgré le fait qu’on ouvre des lits de plus en plus. Des fois ont est obligé de refuser des patients parce qu’on a plus de lits”, indique-t-il.

Avec l’afflux de patients, Véronique, infirmière aussi en réanimation, constate une augmentation des décès. Difficile à gérer au quotidien. “On a parfois un sentiment d’inutilité d’avancer comme ça en se disant ‘on le perd, on le perd, on le perd’. C’est compliqué”, confie-t-elle.

Un confinement inutile?

Le préfet des Alpes-Maritimes a annoncé l’instauration d’un confinement partiel uniquement les week-ends sur le littoral pendant 15 jours. Claude Koubi attendait des mesures, mais reste sceptique.

“J’espère de tout cœur que ça va permettre de diminuer la pression sur les établissements de soins. Mais est-ce que ça va être suffisant, je ne sais pas. Demandez à tous les réanimateurs, ils réclamaient un reconfinement total. Je ne suis pas sûr que ça va décourager les touristes, mais ça va peut-être en limiter un certain nombre”, ajoute-t-il.

Patricia, une autre infirmière, doute de l’efficacité de ce confinement. “Je pense qu’un confinement d’une semaine pendant les vacances scolaires aurait été plus bénéfique qu’un confinement le week-end. Je ne suis pas certaine que ce soit la bonne solution”, appuie-t-elle.

Les soignants misent sur une vaccination massive de la population pour décharger efficacement les hôpitaux. 

Kelly Vargin avec Guillaume Descours