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Transferts de patients Covid en réanimation: "Les risques sont très limités", assure le président de Samu-Urgences de France

Invité de RMC, François Braun estime qu'avant de parler de transfert, il faut se concentrer sur la déprogrammation d'opérations pour désengorger les hôpitaux.

La situation sanitaire en Île-de-France est toujours très préoccupante, avec 1.134 malades du Covid-19 qui sont en réanimation dans la région, dimanche, selon Santé Publique France. Un chiffre qui poursuit sa hausse, ils étaient à peine 800 il y a 15 jours.

Face à ces chiffres qui s'affolent, le gouvernement espère toujours ne pas avoir à reconfiner les Franciliens. Les autorités sanitaires misent sur une plus grande coopération entre les hôpitaux publics et privés, une déprogrammation des opérations non-urgentes et des évacuations sanitaires.

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Mais est-ce que ces patients qui sont transférés encourent des risques? Selon François Braun, président de Samu-Urgences de France, les risques sont "très limités". 

“Transférer des patients, c’est quand même quelque chose que les Samu font tous les jours. Alors pas dans des volumes aussi importants, mais c’est quand même quelque chose qui est habituel. 
Après, il faut mettre en parallèle le petit risque lié au transfert et le gros risque d’une prise en charge dans des services de réanimation qui ne sont pas adaptés", assure-t-il.

Il rappelle que les patients qui sont en réanimation sont des patients dans des états graves. 

“L’immense majorité de ces patients sont endormis, mis sous appareil respiratoire avec des difficultés des fois au niveau de leur tension, de leur fonction cardiaque donc ce sont des patients qui sont compliqués à prendre en charge même si on a fait énormément de progrès depuis un an. La réanimation, c’est vraiment la dernière option quand on a tout essayé”, appuie-t-il.

Des déprogrammations partout?

Face à cette situation compliquée, François Braun estime qui faudrait déprogrammer des opérations dans toutes les régions de France et pas uniquement en Île-de-France ou dans les régions les plus touchées.

“Il ne serait pas acceptable que l’on fasse des déprogrammations très importantes dans certaines régions au risque de mettre en danger certains patients non-Covid qui doivent absolument être opérés, alors que dans d’autres régions, on ne déprogramme pas du tout.
Donc la première étape, avant de parler de transfert inter-régional, c’est d’abord une déprogrammation homogène sur l’ensemble du territoire et dans l’ensemble des hôpitaux”, ajoute-t-il.

Après six premiers patients d'Île-de-France et de l'Oise transférés ce week-end, une centaine d'évacuations sanitaire devraient être organisées cette semaine vers des régions où la tension hospitalière est actuellement moins forte. Notamment vers la Nouvelle-Aquitaine et les Pays-de-la-Loire. 

Guillaume Descours