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"Je trouve qu’ils sont très égoïstes": vers une fracture entre vaccinés et non-vaccinés contre le Covid-19?

TEMOIGNAGES RMC - Deux camps sont peu à peu en train de se constituer et ont de plus en plus de mal à se parler et à se comprendre. Vous nous l'avez dit au 32.16 en direct sur RMC.

Va-t-on vers une fracture vaccinale en France? C'est ce que dit craindre le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, qui met en garde contre le "ressentiment" que pourrait avoir les Français vaccinés envers ceux qui ne le sont pas. 

Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a ainsi estimé qu'une quatrième vague de la pandémie de Covid-19 dès la fin juillet est "une possibilité", confirmant une mise en garde du ministre de la Santé Olivier Véran. "Le variant Delta, qui est particulièrement contagieux, particulièrement inquiétant, gagne du terrain très rapidement", s'est-il inquiété, avant de préciser qu'il ne s'agit pas d'une "fatalité" car "on a une carte maîtresse pour empêcher qu'une nouvelle vague déferle sur notre hôpital, c'est la vaccination".

Et vous êtes nombreux à nous faire partager vos sentiments depuis plusieurs jours en appelant le standard de RMC au 32.16 pour échanger autour d'une éventuelle vaccination obligatoire. 

Ainsi, ce lundi matin, plusieurs échanges tendus ont eu lieu dans "Apolline Matin" et les "Grandes Gueules". Au programme: de l'incompréhension, de la colère, du ressentiment, des reproches mais aussi beaucoup de doutes. Comme cette discussion à distance entre Alain et Fabrice. 

"C’est leur choix, mais je ne le respecte pas forcément"

Paula n'a pas hésité une seconde avant de se faire vacciner. Et elle supporte de moins en moins le discours des antivaccins.

“Dans mon entourage, j’ai des clients qui refusent de se faire vacciner. C’est leur choix, mais je ne le respecte pas forcément. Je trouve qu’ils sont très égoïstes”, assure-t-elle.

Pas encore de colère envers les non-vaccinés. Mais cela pourrait venir si on doit faire face à un nouveau confinement.

“Je redoute la rentrée, et probablement que la colère viendra après. Parce qu’on est tous au bout du rouleau. On en peut plus de tout. On ne veut pas que ça recommence et si pour éviter cela, il faut que tout le monde soit vacciné alors il faudrait que les gens réfléchissent à deux fois”, indique-t-elle.

Les non-vaccinés montrés du doigt?

Un agacement dans un camp, comme dans l'autre. Ryan n'est pas vacciné et en a assez d'être montré du doigt.

“Je me sens presque agressé. Je le vis un peu mal. Chez moi, on me dit de me vacciner, je vais au travail, on me dit de me vacciner. Je ne suis pas encore 100% sûr, j’ai encore besoin d’être rassuré. Qu’on me dise comment le vaccin est fait, ce qu’il y a à l’intérieur avant de me lancer. On est dans un pays libre, chacun fait ce qu’il a envie de faire”, appuie-t-il.

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Deux camps qui ont de plus en plus de mal à se parler, à se comprendre. Pour le sociologue Gérard Mermet, le seul moyen d'éviter une fracture, c'est de... rendre la vaccination obligatoire.

“Cette hostilité va s’installer au sein des familles, entre des amis qui n’avaient pas compris qu’ils étaient dans des situations mentales aussi différentes et contrastées. Si on veut éviter cette fracture-là, je pense qu’il faut rendre assez vite la vaccination obligatoire, mais pas pour faire croire que c’est une punition. Simplement, c’est de l’ordre de l’intérêt général”, détaille-t-il.

Aujourd'hui, une vaccination obligatoire de tous les Français n'est absolument pas à l'ordre du jour. Seule a été évoquée par le gouvernement, celle des soignants des hôpitaux et des Ehpad. 

Marie Regnier et Benoït Ballet avec Guillaume Descours