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La stratégie "Zéro Covid": qu'est-ce que c'est et est-elle applicable en France?

Certains voudraient voir cette stratégie appliquée en France. En quoi consiste-t-elle?

C’est une stratégie qu'ont adoptée plusieurs pays: la stratégie "zéro covid". Elle est à peu près aussi simple que son nom, elle consiste à éradiquer complètement le virus du territoire national. On ne parle plus de contrôler l’épidémie, ni d’ajuster les restrictions en fonction de ses soubresauts, mais bien de tendre vers le retour à une vie normale.

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Quels sont les pays qui l’appliquent?

La Chine, Taiwan, le Viêtnam, l’Australie ou la Nouvelle-Zélande notamment. Les deux mesures les plus importantes pour que cette stratégie fonctionne, ce sont des confinements immédiats et un isolement drastique des personnes testées positives et de leurs contacts. La ville d’Auckland en Nouvelle-Zélande est par exemple complètement bouclée depuis lundi après l’apparition de trois cas sur deux millions d’habitants. Vendredi dernier, c’est tout l’Etat de Victoria en Australie qui a été confiné cinq jours après que deux personnes ont été testées positives. Mais la conséquence, c’est que le Grand Chelem de tennis qui se déroule en ce moment à Melbourne pourrait de nouveau accueillir des spectateurs jeudi.

Est-ce qu’on pourrait faire cela en France et en Europe?

C’est en tout cas ce que demande un collectif de médecins et d’économistes du continent dans une tribune publiée par Le Monde

Leur idée, instaurer dans l'Union européenne des zones vertes, où le virus ne circule plus et où tout rouvre, et des zones rouges, où il est encore présent. En France, certains professionnels de santé y sont favorables, c’est le cas notamment de Gilbert Deray.

Mais difficile de comparer les pays européens à des Etats insulaires comme l’Australie ou la Nouvelle-Zélande. La France compte huit frontières terrestres, la seule solution serait de les fermer, sans tenir compte des travailleurs frontaliers, pourtant nombreux. L’autre problème, c’est l’acceptabilité des mesures, serions-nous prêts à rester chez nous plusieurs jours, en étant strictement contrôlés, alors que le système de santé ne vacille pas encore et que les cas se comptent sur les doigts d’une main. Pas sûr que tous les Européens, d’une seule voix, répondent oui.

Louis Amar