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Lait infantile contaminé: l'Etat a-t-il mené suffisamment de contrôles?

Un agent de la DGCCRF vérifie des lots de lait infantile produits par Lactalis, dans une pharmacie d'Orléans, le 11 janvier 2018.

Un agent de la DGCCRF vérifie des lots de lait infantile produits par Lactalis, dans une pharmacie d'Orléans, le 11 janvier 2018. - AFP

Bien qu'interdits à la commercialisation, des lots de lait infantile contaminés, produits par Lactalis, ont tout de même été vendus dans plusieurs supermarchés. RMC pose la question: l'Etat a-t-il mené suffisamment de contrôles?

Après les aveux des marques de grande distribution qui ont continué à vendre des lots de lait infantile contaminé, puis les excuses du groupe Lactalis, le gouvernement a décidé de taper du poing sur la table. Pour faire face aux "ratés" dans les procédures de rappel, le ministre de l'économie Bruno Le Maire a demandé la généralisation du contrôle des produits en caisse. Une décision prise jeudi soir lors d'une réunion convoquée à la demande de l'Elysée. Le principe est simple: le code barre des produits contaminés est supprimé des données du magasin. Quand un produit passe en caisse, il n'est pas reconnu par la machine. Une manière de signaler au caissier qu'il ne doit pas être vendu. L'Etat ne réagit-il pas trop tard? A-t-il mené suffisamment de contrôles jusqu'à maintenant? C'est la question posée par RMC.

"Un désengagement de l'Etat"

Pour Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne, l'Etat a une part de responsabilité lui aussi dans cette crise sanitaire. Il aurait dû intensifier ses contrôles. "L'Etat a considéré que Lactalis pouvait lui-même faire ces contrôles et on n'est pas aller creuser sans plus chez Lactalis. Il y a quand même un déficit et un désengagement de l'Etat. C'est facile pour Bruno Le Maire de dire aujourd'hui que l'Etat a pallié une défaillance d'une entreprise. Mais l'Etat aurait pu anticiper avec beaucoup plus de contrôleurs qui aillent régulièrement dans les entreprises de l'agroalimentaire, chez Lactalis ou d'autres. C'est ça qu'on reproche à l'Etat, c'est de ne pas avoir mis assez de moyens pour contrôler en amont ce géant de l'alimentaire."

"Le politique n'est pas responsable de tout"

Un avis que ne partage pas Olivier Véran, député LREM de l'Isère et rapporteur général de la commission des affaires sociales. Pour lui, l'Etat n'aurait pas pu faire davantage de contrôles. "C'est une responsabilité du groupe Lactalis, point. Il y a eu 2.000 contrôles qui ont été effectués et il y en a 2.500 supplémentaires qui vont être effectués. La question ce n'est pas le contrôle, la question c'est pourquoi les boîtes de lait que la grande distribution devait retirer des étalages ont été maintenu sur les étalages. Ça voudrait dire que des policiers ou des agents municipaux aillent dans les supermarchés pour retirer eux-mêmes les boîtes de lait? Evidemment, non. Il ne faut pas faire feu de tout bois en disant que le politique est toujours responsable de tout."

P. G. avec Mahauld Becker-Granier