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Les acouphènes, ces sifflements qui gâchent la vie de 28% de Français: "J'ai pensé me suicider"

C'est un mal du 21e siècle. Selon un sondage dévoilé ce jeudi, 28% des Français souffrent d'acouphènes, ces bourdonnements et sifflements d'oreilles permanent qui peuvent gâcher la vie. Comme celle d'Alexandra, 27 ans, rencontrée par RMC.

C'est un petit bourdonnement qui gâche la vie de millions de Français, et notamment des jeunes: les acouphènes. 28% de la population en souffrent, entre 14 et 17 millions de personnes, selon un sondage dévoilé ce jeudi, à l'occasion de la 21e édition de la Journée Nationale de l'Audition. Les acouphènes sont un fléau du 21e siècle. Ils peuvent entraîner des gênes significatives, provoquer un isolement et des déséquilibres de l’état de santé.

Les acouphènes, Alexandra, 27 ans, en souffre depuis l'enfance. Chaque soir pour s'endormir la jeune femme est obligée de mettre son ventilateur. "Mon cerveau se concentre sur autre chose", explique-t-elle sur RMC. Ces symptômes qui se sont aggravés à l'âge de 16 ans après une otite. "L'enfer c'est vraiment le mot qui définit le mieux ce que j'ai pu vivre. J'ai carrément eu des idées suicidaires à un moment, parce que je me suis dit qu'il n'était pas possible de vivre toute ma vie, tous les jours, avec ce bourdonnement permanent".

"Les jeunes se disent que c'est normal d'avoir des sifflements"

Aujourd'hui, elle, arrive à vivre avec... parce qu'elle a consulté des médecins. Ce que ne font pas assez les jeunes, pourtant de plus en plus touchés par les acouphènes: plus de la moitié des 15-24 ans souffrent d'acouphènes. En parallèle, plus de 60% d'entre eux n'a jamais consulté de médecin. Une erreur selon le médecin ORL Didier Bouccara. "Les jeunes ne consultent pas suffisamment tôt en général, parce qu'il se disent que c'est normal d'avoir des sifflements ou des bourdonnements. Mais non, ce n'est pas normal. Il y a vraiment une sensibilité individuelle à prendre en compte et à ne pas minimiser". Le médecin conseille aussi de mettre des bouchons d'oreille lors des concerts et de faire des pauses quand on écoute de la musique de manière prolongée."

P. G. avec Mahauld Becker-Granier