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Médecins généralistes en grève: "Ce mouvement est parti pour durer", prévient le Dr. Jérôme Marty

Les médecins généralistes sont en grève jusqu'au 2 janvier prochain. Ils réclament le doublement du tarif de la consultation et s'inquiètent pour leur liberté d'installation.

Hausse du tarif de consultation, amélioration de leurs conditions d'exercice… Les médecins généralistes libéraux sont appelés à fermer leurs cabinets depuis ce lundi et ce jusqu’au 2 janvier. Le collectif "Médecins pour demain" demande que le tarif de la consultation passe de 25 à 50 euros afin de créer un "choc d'attractivité" vers une médecine de ville en manque d'effectifs.

Les praticiens s’inquiètent également pour leur liberté d’installation, remise en question par des propositions de loi sur les déserts médicaux et sont vent debout contre l'éventualité que les infirmières en pratique avancée, puissent être autorisées à prescrire. Les médecins protestent également contre une "déliquescence" du système de santé français, liée selon eux à un démantèlement de la médecine libérale et à une dégradation de la qualité des soins.

"Le gouvernement laisse un peu pourrir les choses"

"Ce mouvement est là pour durer", promet ce mardi sur le plateau des "Grandes Gueules", le médecin généraliste Jérôme Marty, président de l’Union française pour une médecine libre (UFML), un syndicat de médecins généralistes.

"C’est difficile tous les jours et toute l’année, on est dans un effondrement de l’hôpital public et de la médecine de ville. Il est de notre responsabilité de nous lever et de dire que l’on ne peut plus cautionner la destruction du système de soins, public comme privé. Et je suis persuadé que l’hôpital va nous rejoindre bientôt", prédit le praticien.

"Les personnels sont partis, les conditions de travail ne sont plus attractives, on a démoli le système de soins. Le gouvernement laisse un peu pourrir les choses", ajoute Jérôme Marty. "Par les discussions, on n'y arrive pas donc on se lève", ajoute le médecin.

"On est sursaturés"

Une grève qui vient un peu plus mettre à mal un système de santé déjà maltraité: "Ce n’est pas le moment de faire grève, on est sursaturés", déplorait lundi sur BFMTV Patrick Pelloux, le président de l'Association des médecins urgentistes de France. "Cette nuit à Paris il n’y avait plus un lit de réanimation disponible à Paris et en petite couronne. Les lits existent mais il n’y a pas de personnel", ajoute-t-il.

"Son témoignage nous donne raison", lui répond justement Jérôme Marty sur RMC et RMC Story, précisant que des réquisitions sont possibles et invitant les grévistes à y répondre favorablement: "Les Agences régionales de santé (ARS) et les Conseils de l’ordre ont le droit de réquisitionner les médecins et l’on a dit à nos troupes de se laisser réquisitionner. Je n’ai pas l’impression qu’ils l’ont fait pour l’instant et je pense que le gouvernement laisse pourrir la situation", estime le médecin.

Et Jérôme Marty l'assure, ce mouvement de grève pendant les fêtes ne vient pas perturber la rentrée, la période la plus chargée de l'année, avec la seconde semaine de janvier.

Guillaume Dussourt