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"Mon contact travaille à la Sécurité sociale": sur Snapchat, le boom des annonces pour des faux pass sanitaires

Sur les réseaux sociaux, les annonces promettant des pass sanitaires frauduleux pour quelques centaines d'euros se multiplient.

Le pass sanitaire n'a pas fini de faire parler de lui. Annoncé par Emmanuel Macron lundi soir, ses contours d'application ont été précisés mercredi par Olivier Véran sur France 2. Il a précisé par exemple que désormais seuls sept jours suffiront après la seconde dose pour être considéré comme totalement protégé.

Malgré tout, reste des irréductibles, des personnes qui ne veulent pas entendre parler de piqûre et avec eux des fraudeurs.

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Depuis l'allocution du président de la République, les annonces sur les réseaux sociaux promettant des pass sanitaires pour quelques centaines d'euros se multiplient. Jouer la montre. En attendant d’être vaccinée, Julie a décidé, pour être tranquille cet été, de falsifier les tests PCR.

“Je fais une petite retouche avec un logiciel un peu spécialisé. Une petite modification de nom, de date et le tour est joué. En deux minutes, c’est fait. Il faut juste faire attention à être cohérent dans tout le document. Pas de fautes de frappe, de dates. C’est comme quand on signait à la place de nos parents nos cahiers de correspondance", indique-t-elle.

Yann et Camille, 19 ans, tous les deux étudiants ne veulent pas entendre parler de vaccination, mais compte bien continuer à aller au cinéma ou au théâtre. Alors pour eux, la solution est toute trouvée. “Sur les réseaux sociaux, on va l’acheter là-bas", indiquent-ils.

"Ca prend entre trois et six jours"

La preuve devant nos yeux, après quelques clics sur leurs smartphones. “Pass sanitaire avec copie de la carte d’identité et de la carte vitale. Paiement par Paypal ou espèce et c’est 350 euros”, ajoutent-ils.

Pour vérifier, on a donc décidé de rentrer en contact avec ces soi-disant vendeurs. L’un d’entre eux a accepté de nous répondre anonymement. Il propose sur le réseau social Snapchat, des pass sanitaires.

“La personne qui travaille avec moi travaille à la sécurité sociale. Il me suffit simplement de lui envoyer les coordonnées des gens, leur numéro de sécurité sociale et après elle me renvoie tout. On renvoie à la personne et c’est bon, ça prend entre trois et six jours”, explique-t-il.

Son prix, 250 euros, et des demandes qui selon lui explosent depuis l’allocution du président. La mise en place de ce système frauduleux ne surprend pas Nicolas Arpagian spécialiste en cybersécurité.

“On l’a vu au moment de l’incendie de Notre-Dame de Paris, l’apparition de faux sites d’appel aux dons. C’est quasiment systématique désormais que quand un événement arrive, émerge un écosystème frauduleux opportuniste et extrêmement réactif”, appuie-t-il.

Détenir ou fabriquer de faux documents délivrés par une administration est un délit pénal. Il est puni de cinq ans de prison et 75.000 euros d’amende. 

Florian Chevallay et Anne-Lyvia Tollinchi avec Guillaume Descours