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Mort sur un parking après un passage aux urgences d'Angers: y-a-t-il eu dysfonctionnement?

Un patient qui est parti des urgences d'Angers après 12 minutes d'attente est mort sur le parking d'une clinique à 7 km du CHU ce weekend.

En pleine crise des urgences, une enquête a été ouverte sur la mort d'un homme, survenue après son passage aux urgences du CHU d'Angers. Six mois après la mort d'une femme aux urgences de Lariboisière à Paris, ce décès soulève de nouvelles questions. Cet homme de 49 ans est mort sur le parking de la clinique de l'Anjou samedi soir. Son décès a été constaté à 20h40. 

Avant de se rendre à la clinique, il est d'abord passé aux urgences du CHU d'Angers. A son arrivée, le patient est pris en charge par une hôtesse d'accueil pour faire son "entrée administrative". Il explique souffrir de douleurs thoraciques. Stressé, il s'impatiente et quitte le service sans avoir été examiné par l'équipe soignante, après 12 minutes d'attente.

"Les urgences publiques doivent accueillir dans bonnes conditions et efficacement et ça n'a pas été le cas"

Il décide de partir à la clinique de la ville, située à 7 km de là. Mais il décède sur le parking de l'établissement. Selon Christian Lemaire du syndicat Sud Santé au CHU d'Angers, il manquait une infirmière samedi lorsque cet homme s'est présenté.

"A cette heure et jusqu'à 21h30 il n'y avait qu'une infirmière pour faire le tri des patients et c'est la raison pour laquelle ce patient n'a pas pu être pris en charge très rapidement. Les urgences publiques doivent accueillir dans bonnes conditions et efficacement et ça n'a pas été le cas."

A ce stade "pas de dysfonctionnement constaté" selon le procureur

La direction du CHU reconnait qu'il manquait une infirmière en poste dans le service, à ce moment là, mais pas à l'accueil. Donc sans incidence sur le délai de prise en charge de ce patient. Elle dénonce l'instrumentalisation de ce décès par les syndicats, en pleine période de crise. Les urgences du CHU sont en grève depuis le 2 mai dernier.

Selon le procureur de la République, "il n'y a à ce stade aucune suspicion qui permette de penser qu'il y a eu dysfonctionnement au niveau des urgences".

Caroline Philippe (avec James Abbott)