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Ni soignants, ni à risque... Comment des Français parviennent quand même à se faire vacciner?

Un peu plus de 4 millions de personnes ont déjà reçu leur première dose de vaccins. Et parmi elles, des personnes de moins de 50 ans, qui ne sont pas des soignants, sans comorbidités, ont pourtant pu être vaccinées.

Pierre a 34 ans, il est en pleine forme, et pourtant il a reçu sa première injection du vaccin AstraZeneca vendredi dernier. C'est son médecin qui l'a appelé: "C'était sa dernière dose, une personne avait annulé alors c'était soit moi soit la poubelle donc je me suis dit 'pourquoi pas'"

Jeanne, sa compagne, s'est faite vaccinée quelques jours avant. Elle non plus n'est pas prioritaire mais elle a aussi accepté: "Je ne pense pas avoir pris la place de quelqu'un, en tout cas je ne culpabilise pas. Je préfère ça que le médecin ne jette le vaccin vu qu'il est tellement dur à se procurer".

Comme Pierre et Jeanne, ils sont quelques-uns en France, ni soignants ni considérés comme personnes vulnérables à avoir réussi à se faire vacciner. Et si certains profitent de la bienveillance de leur médecin d'autres contournent le système.

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Les fraudeurs de la vaccination

Car l'autre technique pour se faire vacciner consiste à réussir à prendre un rendez-vous dans un centre de vaccination en fin de journée en se faisant passer pour une personne prioritaire. Et déjouer les bilans de santé: "Une fois qu'ils arrivent devant le médecin on est devant le fait accompli", déplore Pascal Dureau médecin généraliste, qui dénonce ces prises de rendez-vous en ligne.

"C'est tout le problème de la modalité de convocation au centre de vaccination. Dommage qu'on en soit venu à un modèle de type Uber pour la vaccination en France", ajoute-t-il.

De son côté, le ministère de la Santé indique avoir conscience de ce type de pratique, mais qui reste très minoritaire. Pour l'instant, 4 164 418 personnes ont reçu une première dose du vaccin et plus de 2 millions deux injections.

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Gwenaël Windrestin (avec Guillaume Dussourt)