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Nos déodorants en partie responsables de la hausse des cancers du sein

"CA VOUS CONCERNE" - On est en plein dans le mois d’octobre, octobre rose consacré à la prévention du cancer du sein.

Depuis 50 ans, le nombre de cas de cancer du sein est en forte hausse. Une hausse qui pourrait bien venir de nos déodorants. Et plus précisément des sels d’aluminium présents dans les déodorants qui permettent de bloquer la transpiration.

Pour les scientifiques suisses et britanniques à l’origine de l'étude, ces sels d’aluminium seraient comparables au tabac ou même à l’amiante. Ils ont constaté que les sels d’aluminium pénétraient les cellules et altéraient les chromosomes. Ce qui donne un risque de développement de tumeur autour de là où on l’applique, et la poitrine n’est pas très loin. Pour l’industrie cosmétique, évidemment, il n’y a aucun risque, les quantités de sels d’aluminium sont bien trop faibles pour représenter une quelconque toxicité et ne peuvent pas être absorbées par la peau.

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Pour autant, ce n’est pas la première fois que les sels d'aluminium sont mis en cause, d’ailleurs, plusieurs marques ont décidé de proposer des déo garantis sans sels d’aluminium, mais sachez qu’il ne s’agit donc pas d'antitranspirant, c’est uniquement l’odeur qui est masquée.

D’ailleurs, l’UFC Que Choisir a fait un classement des différents déodorants sur le marché, en prenant en compte l’effet sur la santé et l’efficacité. Les trois qui sortent du lot contiennent tous des sels d’aluminium. On peut citer l’Invisible de Cien vendu chez Lidl à seulement 79 centimes d’euro, imbattable pour le prix. Mais aujourd’hui on ne peut pas affirmer qu’il soit totalement sûr.

Quels sont les autres facteurs?

Il n’y a pas que les déos qui expliquent la hausse des cancers du sein. Il y a notre mode de vie : les femmes tombent enceintes plus tard et font moins d’enfants qu’avant, on sait que ça joue. On fait moins d’activité physique, on fume plus, on consomme plus d’alcool. La pollution atmosphérique aussi est pointée du doigt. La présence de dioxyde d’azote augmenterait le risque de développer un cancer du sein chez une femme en bonne santé, on parle de 1700 cas en France qui serait lié à la pollution.

Depuis peu, le cancer du sein est devenu le cancer le plus fréquent dans le monde, c’est la première cause de mortalité par cancer chez les femmes, en particulier dans les pays pauvres où le dépistage et l’accès au traitement sont plus compliqués. En France, une femme sur huit sera touchée au cours de sa vie. On peut pourtant en guérir dans 90% des cas s’il est détecté tôt, d’où l’importance du dépistage. On le sait, la pandémie a freiné les dépistages et les professionnels s’inquiètent d’un retard de prise en charge des patientes.

On ne le répétera jamais assez, faites-vous dépister, on a cette chance en France de pouvoir le faire facilement et gratuitement donc vraiment, il faut le faire. 

Géraldine de Mori