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Pénurie de médicaments: un traitement utilisé en cancérologie sur dix en "pénurie récurrente"

INFORMATION RMC - Environ un médicament utilisé en cancérologie sur 10 fait l'objet de pénuries récurrentes. Et celles-ci génèrent des angoisses chez les malades de cancer qui en sont victimes.

Nous sommes en 2021 dans l'un des pays les plus riches du monde et de nombreux patients ne trouvent pas les médicaments nécessaires pour se soigner en raison de pénuries récurrentes. Environ un médicament utilisé en cancérologie sur 10 fait l'objet de pénuries récurrentes. C'est cet état de fait que dénonce la Ligue contre le cancer dans une campagne de communication qui débute ce lundi.

Il fallait trois ans de traitement pour soigner le cancer de la vessie d'Alain, mais à cause de la pénurie de son médicament, le BCG, il a dû l'arrêter au bout de 18 mois.

“Le traitement n’a pas été complet donc je suis quand même beaucoup plus à risque de faire une récidive que quelqu’un qui a eu son traitement complet. Ce qui fait qu’il y a une certaine angoisse et une certaine colère aussi. Qu’il y ait une pénurie sur ce produit-là, ça me met quand même un petit peu en colère”, indique-t-il.

Un décret oblige désormais les fabricants à constituer deux mois de stock pour les médicaments d'intérêt vital. 

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Un problème de rentabilité?

Mais c'est une mesure insuffisante, selon la Ligue contre le cancer. Son vice-président Jean-Paul Vernant dénonce le rôle des labos pharmaceutiques dans ces pénuries.

"Ça touche des anciens médicaments, des médicaments qui ne sont pas très chers et qui n’ont rien à voir avec les prix exorbitants des innovations thérapeutiques. D’une certaine façon, on peut dire que les industries pharmaceutiques se désintéressent de ces vieux médicaments pour lesquels les marges bénéficiaires sont médiocres”, appuie-t-il.

La Ligue contre le cancer réclame que la production de ces médicaments aujourd'hui concentrée en Asie soit rapatriée en France sous l'égide d'un organisme public. 

Victor Joanin avec la rédaction de RMC