RMC

Obésité en Europe: éducation, moins de sodas, comment lutter contre cette "maladie chronique"

L'obésité explose en Europe, et l'OMS plaide pour plus de politiques publiques afin d'enrayer l'épidémie. En France, selon certains spécialistes, il faut militer pour plus d'éducation des enfants sur le sujet.

En Europe, près d'un adulte sur quatre est désormais obèse, un chiffre qui a augmenté de 138% depuis 1975. Dans un rapport publié mardi, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) évoque une "épidémie" de surpoids et d'obésité, qui entraîne de nombreuses maladies comme le diabète et au moins treize types de cancer et est responsable de plus de 1,2 million de décès par an.

La pandémie de Covid-19 a aggravé les problèmes de surpoids : face aux restrictions pour lutter contre la propagation du Covid-19, confinements, télétravail, les Européens ont pris de mauvaises habitudes sportives et alimentaires.

"Un des effets bénéfiques du Covid-19, c'est que cela a révélé que l'obésité est une maladie", assure ce mercredi sur RMC Boris Hansel, professeur en endocrinologie et métabolisme à l'Assistance publique des hôpitaux de Paris et nutritionniste. "C'est bien une maladie et une maladie chronique. Ce n'est pas un excès de poids lié à un manque de volonté. L'obésité est une maladie et ce n'est pas votre faute d'être obèse même si, et c'est le paradoxe, c'est le mode de vie qui provoque chez des personnes prédisposées à devenir obèse", ajoute-t-il.

La prévention comme meilleur moyen de lutter?

Mais alors comment soigner cette maladie? "Le principe est simple : quand on prend du poids, c'est que l'on a un apport calorique plus important que ses dépenses. La solution théorique c'est de réduire les apports caloriques et augmenter les dépenses", explique Boris Hansel.

Si certains arrivent à modifier leur mode de vie et perdre du poids sur le long terme en marchant plus par exemple et en mangeant plus de légumes, d'autres ont plus de difficultés à changer radicalement: "Pour ces gens, il faut se faire accompagner. Et il ne faut pas céder aux régimes restrictifs en pensant perdre du poids rapidement et le maintenir ensuite: "Soit on arrive à modifier radicalement son mode de vie, ce qui peut être compliqué, soit vous avez des difficultés et il faut un accompagnement".

Pour soigner l'obésité, l'OMS préconise davantage de politiques publiques de prévention. Car les actions actuelles seraient insuffisantes: "Il n'y absolument pas de prévention et d'information à la population générale sur cette épidémie non-contagieuse qu'est le surpoids et l'obésité", regrette Anne-Sophie Joly, présidente du Collectif national des associations d'obèses, qui déplore une "catastrophe" même si elle assure ne pas être "surprise".

"L'eau est la seule boisson nécessaire"

L'OMS propose aussi de taxer les boissons sucrées: "On n'empêchera jamais Coca-Cola ou les autres producteurs de sodas à faire des boissons sucrées", tempère Pierre Azam, médecin spécialiste de l'obésité qui mise sur l'éducation. "Il faut apprendre aux enfants à ne pas boire de sodas et s'hydrater. Il faut que cela devienne pour eux culturellement nocif qu'une cigarette. Et ça c'est de notre responsabilité", ajoute-t-il, plaidant pour des cours de nutrition dès l'école.

Car les boissons sucrées sont presque ce qu'il y a de pire: S'il y a un aliment, une boisson qui fait du mal, ce sont les sodas", avertit aussi Boris Hansel. "L'eau, gazeuse si vous voulez, est la seule boisson nécessaire", précise-t-il alertant aussi sur les jus, "qui sont autant caloriques que les sodas".

Quant au nutriscore, le nutritionniste estime que "cela aide": "Il y a des études scientifiques, ce n'est pas juste une opinion. Il y a des moyens de bien manger en regardant des emballages, en prenant simple et en suivant ce score".

Guillaume Dussourt