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"On a renvoyé chez elle une élève qui toussait": dans l'Oise, hors des zones de confinement, les écoles et lycées restent ouverts

Dans les communes de l'Oise épargnées par le confinement, on s'étonne que les établissements scolaires restent ouverts face à la menace du coronavirus.

Alors que neuf communes de l’Oise sont placées partiellement à l’isolement et leurs établissements scolaires fermés, l’inquiétude monte dans les villes voisines où écoles et collèges restent ouverts. À Senlis, au milieu de communes à l’isolement et à seulement dix kilomètres du foyer épidémiologique de Crépy-en-Valois, les professeurs réclament des mesures de restriction comme chez leurs voisins.

Levenez professeure d'anglais, ne comprend pas que son établissement reste encore ouvert : "C’est extrêmement compliqué pour la vie scolaire, pour gérer notamment qui rentre et qui ne rentre pas et regarder également qui tousse ou pas. On a dû renvoyer une élève chez elle en la voyant tousser et on ne sait pas ce qu’il en est. Le climat est anxiogène, c’est fatiguant et épuisant".

Pas de droit de retrait dans ces circonstances pour Blanquer

Tous les syndicats d'enseignants de ce collège réclament la fermeture jusqu'au 14 mars, comme dans les communes voisines : "Cela serait dommage d’attendre qu’il y ait un cas avéré dans l’établissement pour le fermer. Notre idée c’est de faire de la prévention", estime Suzana, professeure de lettres modernes.

Problème, la réponse des autorités se fait attendre. Comme ses collègues, Elodie envisage même d'exercer leur droit de retrait : "Il va falloir que l’on agisse. Si on utilise le droit de retrait c’est aussi pour protéger nos élèves". Mais jeudi matin sur RMC, le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer a assuré que le droit de retrait des enseignants "ne s’appliquait pas dans ces circonstances".

Garance Munoz et Romain Cluzel (avec Guillaume Dussourt)