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"L'ANSM est trop à l'écoute des industriels": l'Agence nationale du médicament visée par une action en justice dans l'affaire du Levothyrox

DOCUMENT RMC- L'avocat représentant les plaignants estime que l'Agence nationale du médicament a méprisé les malades qui se plaignaient du Levothyrox.

Une action collective en justice a été lancée contre l'Agence du médicament (ANSM) dans l'affaire du Levothyrox, accusé par une partie de ses 3 millions d’utilisateurs français, de provoquer de dangereux effets secondaires après un changement de formule en 2017 par son fabricant, le laboratoire Merck.

"L’agence a fauté, elle n’a pas rempli sa mission de protéger les patients. Elle a failli. Nous avons plein d'éléments qui montrent que l’ANSM a laissé passer des choses et a été absente", assure ce mercredi sur RMC Christophe Lèguevaques, l’avocat à l’origine de la procédure.

Il explique ainsi qu’à chaque changement de formule du Levothyrox dans le monde, des effets secondaires importants ont été constatés, déplorant que le gendarme du médicament n’en a pas tenu compte: "Le rôle de l’agence du médicament c’est d’être le gendarme. S’il s’abstient de faire son travail, on est en droit de lui demander des comptes".

La participation à cette nouvelle action collective est ouverte jusqu’au 15 novembre sur une plateforme dédiée, précise l’avocat qui rappelle que la précédente, en 2017, avait rassemblé 4000 participants. Le laboratoire Merck a été condamné en appel l’année dernière à 1000 euros de dédommagements par patients pour défaut d’information.

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"Les malades ont été méprisés, on ne les a pas pris au sérieux"

Cette nouvelle action, insiste Christophe Lèguevaques, doit pouvoir, en plus de l'indemnité pour chaque requérant, "faire comprendre à l'ANSM qu'il faut qu'elle se réveille, qu'elle est trop à l'écoute des industriels et pas assez des malades":

"Ce que les malades ont rencontré comme problème, c'est qu'on ne les a pas pris au sérieux. On les a méprisés, on a considéré que ce qu'ils disaient était des mensonges et des affabulations, et ça, c'est un vrai problème", conclu-t-il.

En 2017, le laboratoire Merck, qui détient 100 % du marché en France, avait modifié son médicament pour soigner des maladies de la thyroïde, en remplaçant le lactose, excipient de son ancienne formule, par de l’acide citrique.

Dans la foulée, de nombreux utilisateurs du Levothyrox, avait évoqué des maux de tête, insomnies, vertiges et autres effets secondaires, accusant la nouvelle formule. Le laboratoire Merck a finalement été condamné en 2019 en appel, avant de se pourvoir en cassation.

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Guillaume Dussourt (avec AFP)