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Rembourser entièrement les traitements anti-tabac? Ca fait débat sur RMC

Les gommes et les patchs anti-tabacs seront bientôt remboursés comme les autres médicaments. C'est l'une des annonces du plan de prévention santé présenté par Edouard Philippe. Les fumeurs ne devront donc plus avancer les frais de leurs traitements de substitution. Bonne ou mauvaise nouvelle?

Mieux prévenir les risques liés au tabac, l'alcool, le cancer... Le gouvernement a dévoilé lundi son plan de prévention santé. Parmi les mesures annoncées, le gouvernement les traitements anti-tabac, dont les gommes et patchs, vont progressivement être remboursés comme n'importe quel médicament.

Pour inciter les 13 millions de Français qui fument à arrêter, outre le paquet de cigarettes qui coûtera 10 euros en 2020, ce système va remplacer le forfait qui existe actuellement. Les patients ont droit à 150 euros par an, une somme parfois insuffisante pour certains patients. 

"Au final, ça fera des économies pour la Sécurité sociale"

L'objectif est évidemment d'encourager à arrêter de fumer, et une mesure de bon sens financièrement, comme l'estime Anne-Sophie Ronnaux-Baron, présidente de l'institut Auvergne-Rhône-Alpes de tabacologie.

"Fumer entraîne des maladies cardio-vasculaires ou des pathologies cancéreuses qui sont extrêmement coûteuses sur le plan thérapeutique. Donc ce sera toujours moins coûteux de prendre en charge en préventif, en amont, le remboursement de ces substituts, moins onéreux que de prendre en charge des hospitalisations longues. Au final, ça fera des économies pour la Sécurité sociale".

"On est encore sur des effets d'annonce"

Pour Frédéric Bizard, économiste de la santé et professeur à Sciences Po, c'est mesure qui va dans le bon sens mais qui est loin d'être suffisante.

"On ne prend pas le mal à la base qui est de s'assurer par une éducation à la santé dès le plus jeune âge, que vous ayez une prise de conscience des dangers du tabac. Quand vous consommez des produits nicotiniques, vous êtes déjà dans un état de dépendance très avancé. On est encore sur des effets d'annonce où on pense agir contre le tabac, mais malheureusement, ce n'est qu'un tout petit bout d'une politique de santé efficace".

Le tabac est responsable de 73.000 décès chaque année en France.

Romain Cluzel & X.A