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Soupçonné à tort de maltraitance, un couple accuse la justice de "séquestrer" leur bébé

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- - Philippe Huguen - AFP

Vanessa et Emmanuel se sont vu priver de la garde de leur enfant en mai dernier, après que celui-ci ait été victime du syndrome du bébé secoué durant sa garde chez sa nourrice. Malgré une expertise médicale qui les disculpe, ils ne peuvent toujours pas récupérer leur bébé de 11 mois, placé en foyer en attendant la décision de justice.

Cela fait 9 mois que Vanessa et Emmanuel n'ont plus la garde de leur bébé qui doit fêter son premier anniversaire vendredi prochain. 9 mois que le couple doit se contenter de quelques heures de visite par semaine. Les parents du petit Lorys ont été un temps suspectés de maltraiter leur bébé.

Les faits remontent au 23 mai dernier. Le nourrisson âgé alors de 2 mois est chez sa nounou quand il se met à convulser. Ses parents sont prévenus en urgence, et emmènent leur fils à l'hôpital. Les médecins diagnostiquent des symptômes du bébé secoué. Le personnel médical fait alors un signalement et le bébé est placé dans un foyer. Seulement, depuis fin janvier, une contre-expertise a blanchi les parents. Ce rapport montre qu'ils n'ont pas pu être responsables des secouements qui ont provoqué le malaise de Lorys.

"Notre parentalité est bafouée"

La justice a d'ailleurs ouvert une information judiciaire pour les violences subies par le nourrisson et le couple a pu se constituer partie civile. Cela devrait peser lors de la prochaine audience devant le juge des enfants, fin mars, à l'issue de laquelle les parents espèrent récupérer leur petit garçon. Car malgré tout ces éléments, le couple doit se contenter de leur droit de visite ou de garde de leur enfant, quelques heures seulement par mois.

Emmanuel, le père de Lorys, ne comprend pas pourquoi ces nouveaux éléments ne sont pas pris en compte par le juge des enfants.

"Ce qu'on ne comprend pas c'est que le juge des enfants, bien qu'ayant connaissance de ce rapport, ne fait rien pour élargir nos droits de visites et d'hébergement de Lorys, voire même lever cette menace de placement qui est pour nous est beaucoup trop longue, regrette-t-il sur RMC. On a le sentiment que notre parentalité est déchue, bafouée".

"On essaie de profiter au maximum de ces temps de visites qu'on a avec notre fils, on est déchirés quand on le quitte et qu'on doit le ramener au centre qui l'accueille. On ne le voit pas grandir".

"On a l'impression de payer pour l'affaire Fiona"

Vanessa, la maman, a l'impression tout simplement que la justice s'acharne sur sa famille. "Pour nous la justice séquestre notre enfant, et on a le sentiment qu'il est maltraité parce qu'il n'évolue pas dans un cadre serein alors qu'il a une maison et une famille qui l'aime plus que tout. On a l'impression de payer pour l'affaire Fiona ou d'autres affaires. On a le sentiment que le principe de précaution est instauré chez nous de manière beaucoup plus impulsive (sic) que dans d'autres familles où peut-être il y en aurait beaucoup plus besoin".

P. Gril avec Marion Dubreuil