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Suspension du vaccin AstraZeneca dans 3 pays d'Europe: "Il s'agit d'un principe de précaution, il faut rester prudent et ne pas s'alarmer"

Si trois pays ont suspendu la vaccination via AstraZeneca, en France les autorités se veulent rassurantes et estiment qu'il ne s'agit que d'un principe de précaution.

Jeudi matin, l'Agence nationale danoise de la Santé, relate des "cas graves de formation de caillots sanguins chez des personnes vaccinées" avec AstraZeneca et suspend pour 14 jours son injection. Tout en reconnaissant qu' "à l'heure actuelle, on ne peut pas conclure à l'existence d'un lien entre le vaccin et les caillots sanguins".

Un principe de précaution adopté dans la foulée par les autorités sanitaires norvégiennes et islandaises. Sans attendre les résultats des enquêtes menées dans ces pays, l'Agence Européenne du médicament maintient son autorisation. Le sérum AstraZeneca reste utilisable comme l'a assuré Olivier Véran lors d'une conférence de presse jeudi: "Le bénéfice apporté par la vaccination est jugé supérieur au risque à ce stade". Il n'y a "pas lieu de suspendre" les injections, a-t-il ajouté.

"Ne pas s'alarmer"

Louis Létinier, médecin pharmacologue et cofondateur de Synapse Medicine, évoque un simple principe de précaution et des données différentes pour l'instant en France:

"Il faut toujours faire attention et ne pas se précipiter. Il s'agit d'un principe de précaution à partir de données nationales, en particulier avec ce qu'il s'est passé au Danemark. Il n'y a aucune donnée en France qui aille dans le sens d'un signal de pharmacovigilance de risque de thrombose avec le vaccin AstraZeneca. Il faut rester prudent et ne pas s'alarmer".

"Il faut se faire vacciner avec AstraZeneca qui est un excellent vaccin", plaide également Philippe Besset, le président de la fédération des syndicats pharmaceutiques de France. "Il est garantit par l'agence du médicament français et européenne. C'est normal que les gens soit inquiets mais a priori il n'y a pas lieu de s'inquiéter", ajoute-t-il.

Frédéric Adnet, le chef du service des urgences de l'hôpital Avicenne de Bobigny déplore une communication désastreuse autour de ce sérum: "Au début on a dit qu'il était moins efficace que le Pfizer et aujourd'hui on sait qu'il est plus efficace. Maintenant ces effets indésirables vont faire qu'il y va y avoir un impact psychologique non-rationnel qui va renforcer la défiance de la population et des soignants vis-à-vis de vaccin".

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Un décès en Autriche

Seulement 22 cas de thromboses ont été signalés à la date de mardi pour plus de trois millions de personnes ayant reçu l'injection; Conclusion de l'agence sanitaire européenne: le risque de développer un caillot sanguin ne serait pas plus élevé chez les personnes vaccinées, que chez les autres.

Lundi l'Autriche avait annoncé avoir cessé d'administrer un lot de vaccins produits par le laboratoire anglo-suédois, après le décès d'une infirmière de 49 ans qui a succombé à de "graves troubles de la coagulation" quelques jours après l'avoir reçu. Mais une enquête de l'Agence Européenne du médicament avait estimé qu'il n'existait aucun lien entre le vaccin d'AstraZeneca et ce décès.

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Benoît Ballet (avec Guillaume Dussourt)