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Un téléfilm comme Mention particulière peut aider à changer le regard des gens sur la trisomie

Photo du téléfilm "Mention particulière"

Photo du téléfilm "Mention particulière" - TF1/ Caminando Productions

TF1 diffuse ce lundi soir à 21 heures le téléfilm Mention particulière, qui raconte l'histoire d'une jeune trisomique qui veut passer le bac malgré son handicap. Pour Emmanuel Laloux, papa d'une trisomique de 32 ans, ce téléfilm est une "superbe initiative qui peut aider à casser les tabous".

Emmanuel Laloux est le président de l'association Down up et fondateur du Collectif Les amis d’Eléonore, association qui porte le prénom de sa fille, trisomique. Aujourd'hui âgée de 32 ans, Eléonore vit en toute autonomie dans son appartement et travaille au sein de l'hôpital d'Arras.

"Je me réjouis de la diffusion de ce téléfilm sur TF1. C'est une superbe initiative de la chaîne. J'étais au courant de ce film puisque ma fille Eléonore avait participé au casting et j'avais eu accès au scénario. Connaissant le scénario, je sais que c'est une vue plus que positive pour la trisomie 21. Cela part d'une histoire réelle, et ça peut donner beaucoup d'espoir pour les jeunes parents.

C'est un sujet dont on parle très peu. Or, si on veut que la société soit plus inclusive, il faut faire connaître la trisomie 21 et un téléfilm est un bon moyen de le faire. Ça casse les tabous et ça participe à changer le regard par rapport à la trisomie 21. Je n'attends que ça, parce que plus on en parlera plus on cassera les tabous. Le film Le Huitième jour, en 1996 (qui a pour personnage principal un jeune trisomique joué par Pascal Duquesne, récompensé du prix d'interprétation au festival de Cannes, ndlr), avait eu un effet, pour moi, extrêmement positif. Quand on parle de trisomie 21, c'est d'ailleurs encore souvent Pascal Duquesne qui est la référence. Là, j'espère que beaucoup de personnes verront ce téléfilm.

"Ça peut donner beaucoup d'espoir pour les jeunes parents"

Il y a encore trop de personnes qui pensent que quand on a une trisomie 21 on n'est pas capable. Alors que finalement, quand on regarde la personne comme une personne et non comme une handicapée, on sait qu'on peut tirer quelque chose. Ils ont des capacités qu'il faut développer.

Jusqu'à présent, je me suis souvent entendu dire qu'Eléonore et ceux qu'on voit à la télévision sont 'des exceptions'. Mais non, ils ne sont pas des exceptions. On voit de plus en plus de personnes atteintes de trisomie au travail. Grâce aux réseaux sociaux, on s'aperçoit que des parents communiquent et montrent des expériences qui sont toutes remarquables et prometteuses. Nous, nous avons commencé il y a 32 ans avec Eléonore: on était convaincu que pour elle, il fallait le milieu ordinaire et pas le milieu spécialisé. En la considérant comme une personne ordinaire, elle allait évoluer beaucoup plus que si elle était avec ses pairs dans un établissement qui lui signifie tous les jours qu'elle est trisomique. Cette façon de regarder les choses autrement amènent à de belles réussites. Et le film va montrer cela.

"Le regard des gens évolue"

Le regard des gens bouge sur les personnes atteintes de trisomie. Sur les réseaux, les parents n'ont plus peur de montrer leur enfant, et cela participe à changer le regard du public. Mais au niveau du terrain, il y a encore trop de jeunes parents qui galèrent pour que leur enfant soit accompagné à l'école. Si le regard du grand public évolue, notre système, lui, n'a pas évolué. Les modes d'accompagnements et d'accueil n'ont pas évolué. Il y a encore un gros travail à faire. Il a fallu aller en justice pour qu'Eléonore reste scolarisée à l'école ordinaire. Pour moi, toutes les actions sont à mener sur l'environnement, car plus il sera favorable et ouvert, et plus la personne pourra se développer, apprendre, travailler, vivre dans son appartement… Et ça, c'est toujours compliqué."

Propos recueillis par Philippe Gril