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Vaccination obligatoire pour les soignants: "C'était demandé par l’opinion publique, mais ce n'est pas ce qui nous gouverne" dénonce l'Ordre des infirmiers

DOCUMENT RMC - Les soignants et personnels travaillant dans les établissements de santé ont jusqu'au 15 septembre pour se faire vacciner sous peine de ne plus pouvoir travailler. Parmi eux, 400.000 infirmiers sont concernés. Patrick Chamboredon, président du Conseil national de l'Ordre des infirmiers, était sur RMC.

Emmanuel Macron hausse le ton sur la vaccination. Le président de la République a annoncé hier soir que la vaccination allait devenir obligatoire pour les soignants mais aussi les personnels non-soignants des hôpitaux, cliniques, Ehpad et maisons de retraite, ainsi que pour les professionnels et bénévoles auprès des personnes âgées, y compris à domicile.

Les personnes concernées ont jusqu'au 15 septembre pour se faire vacciner, après cette date seront mis en œuvre "des contrôles et des sanctions" a indiqué le président. Le ministre de la Santé a précisé que les soignants non-vaccinés passé cette date ne pourront plus travailler ni être payés.

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300 à 400.000 personnes concernées

"On est à peu près un peu plus de 65% d’infirmiers libéraux et d’infirmiers à être déjà vaccinés", assure ce mardi, sur RMC, Patrick Chamboredon, président du Conseil national de l'Ordre des infirmiers. "C’est mieux que la grippe, c’est satisfaisant mais pas assez pour atteindre l’immunité collective. Il faudra vacciner ces 35% restants d’ici au 15 septembre donc, soit 300 à 400.000 infirmiers", assure-t-il.

"Il faudra les doses, il faudra les rendez-vous. Il y aura des gens déjà en phase de schéma vaccinal, peut-être d’autres qui ont des contre-indications. Mais il faut encore donner du temps au temps mais le compte à rebours est lancé, il faut que tout le monde y aille", plaide-t-il.

"Il faut parler aux infirmiers et il faut travailler sur l’hésitation vaccinale"

Mais Patrick Chamboredon déplore la menace de sanctions en cas de non-vaccination au 15 septembre, avec la suspension des salaires et l’interdiction de travailler pour les réfractaires. Il plaide pour un accompagnement des personnels non-vaccinés. "On va continuer la pédagogie, quant aux sanctions, elles sont déjà connues, c’est le cas pour les autres vaccins, il n’y a rien de nouveau. Mais il ne faut pas arriver à ça. Il y a quand même 4 infirmiers sur 10 qui annoncent déjà leur envie de quitter le métier dans les années à venir", s’inquiète-t-il.

"La vaccination pour les soignants, c'était imparable, c’était demandé par l’opinion publique, mais on n’est pas gouvernés par l’opinion publique, on est gouverné par le principe de réalité. Il ne faut pas que le système de santé français tombe, il faut parler aux infirmiers et il faut travailler sur l’hésitation vaccinale. On sait en France que depuis ces dix dernières années, on a ce sujet-là dans le viseur. À chaque fois qu’on doit aller vers la vaccination, la seule façon d’éradiquer des pathologies, il faut documenter et expliquer", plaide Patrick Chamboredon. "On va arriver à une obligation générale pour la population", ajoute-t-il.

L'Italie était jusqu'à présent le seul pays européen à avoir rendu la vaccination obligatoire contre le Covid-19 pour les personnels soignants depuis fin mars. Aujourd'hui, 97% de ses soignants sont vaccinés. Au 8 juillet en France, 81% des professionnels de santé libéraux avaient reçu une première dose, 75% avaient un schéma vaccinal complet et 61% du personnel travaillant en Ehpad et unités de soins de longue durée étaient primo-vaccinés, et 45% avaient reçu deux doses.

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Guillaume Dussourt