RMC

Sarthe: deux médecins disent partir à la retraite... mais s'installent ailleurs avec un gros chèque

La maire de la petite commune de Fresnay-sur-Sarthe a découvert avec stupéfaction que deux des quatre médecins de sa commune, qui disaient partir à la retraite, se sont finalement installés dans un autre désert médical, en touchant 93.000 euros d'aide à l'installation.

Ils disaient à leurs patients qu'ils partaient tranquillement à la retraite, avec une petite maison achetée en Normandie, après 25 ans de loyaux services. Mais deux médecins généralistes sont finalement partis de la petite commune de Fresnay-sur-Sarthe (Sarthe)... pour s'installer dans une autre ville. Et pas à n'importe quel prix.

La maire de la commune sarthoise, Fabienne Labrette-Ménager, est scandalisée. Elle vient en effet d’apprendre non seulement qu'il ne sont pas vraiment partis à la retraite, mais qu’ils ont reçu près de 93.750 euros (à eux deux) de l’Assurance maladie pour s’installer dans un autre désert médical, dans le département de la Manche. Un sentiment de trahison pour elle et ses administrés.

"Ce que je ne comprends pas, c'est qu'on arrive d'un territoire sous-doté, qu'on donne une aide pour un autre territoire sous-doté... En plus, ce n'est pas une jeune installation. Ce serait un jeune médecin qui viendrait s'installer, on pourrait comprendre. Il y a des frais, des charges... Là, c'est des seniors, ils avaient plus de 60 ans. Il y a quelque chose qui ne va pas quand même", déplore-t-elle dans "Apolline Matin" sur RMC et RMC Story.

"On peut aider les territoires sous-dotés, mais pas comme ça"

La maire de la commune dit avoir contacté l'ARS mais elle estime que "c'est trop tard" et que le système d'aide à l'installation dans les déserts doit être revu.

"On peut aider les territoires sous-dotés, mais pas comme ça. Pas d'un territoire à l'autre. On est en compétition avec d'autres territoires, ça ne va plus ! Ce n'est pas l'ADN d'un médecin d'aller chercher de l'argent. On ne comprend plus rien dans nos territoires ruraux", souffle-t-elle.

"On paye nos impôts comme tout le monde, on a besoin d'être soignés comme tout le monde"

Les 3.600 administrés de la commune se retrouvent ainsi amputés de deux des quatre médecins de la zone.

"On est vraiment aujourd'hui dans la panade. Pour aller au Mans, c'est toute une galère, on a un bus mais il faut une heure. (...) On paye nos impôts comme tout le monde, on a besoin d'être soignés comme tout le monde ! Ce n'est pas normal."

Elle appelle ainsi les jeunes médecins à venir s'installer dans sa commune. "Venez chez nous ! On vous accueillera formidablement bien", promet-elle.

J.A.