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La tech va-t-elle sauver les déserts médicaux?

Comment mieux lutter contre les déserts médicaux? La tech a peut-être des solutions pour cet énorme enjeu de santé publique.

Le tech au chevet des malades des déserts médicaux? Les régions rurales sont de plus en plus désertées par les médecins: il y a 850 médecins pour 100.000 habitants à Paris, et 170 dans l’Eure.

Ca devient un problème à tel point que certaines petites villes tentent d'y remédier via des sites comme Le Bon Coin pour tenter de trouver un généraliste. Une autre solution qui est de plus en plus populaire: installer des cabines de téléconsultation connectées, qui permettent de consulter un médecin à distance, presque comme si vous étiez dans son cabinet.

Vous en avez peut-être déjà croisé, dans une mairie, une pharmacie, une aire d’autoroute. Plusieurs startups françaises sont en pointe sur le sujet: H4D, Tessan ou encore Bodyo, dont j’ai pu tester la technologie il y a quelques temps. Le principe est qu'on entre dans une sorte de capsule d’aspect complètement futuriste, on insère sa carte vitale, on s’assoit dans un siège, un peu comme chez le dentiste.

En face de soi, il y a un grand écran, et grâce à une connexion internet vous allez entrer en consultation avec un médecin, qui peut être à l’autre bout de la France, qui va vous guider à distance. La cabine est bardée d’appareils médicaux, qui vont prendre 26 mesures différentes en 6 minutes, pression artérielle, acuité visuelle, analyse respiratoire, analyse de la peau, des oreilles.

Un thermomètre situé au niveau de la tempe, juste à côté du siège. Sur le côté vous avez un tensiomètre, une caméra pour analyser les grains de beauté ; un otoscope, qui se met dans l’oreille, un stéthoscope aussi, et le médecin entend à distance le bruit de votre cœur… C’est le patient lui-même qui va réaliser les gestes, guidé par le médecin évidemment.

A la fin, le médecin rédige une ordonnance. C’est peut-être à ça que ressemblera la futur de la santé.

Est-ce que ça vaut une "vraie" consultation avec un médecin?

C’est forcément un peu moins bien, car il ne peut pas ausculter pour de vrai. Ca fait débat chez les médecins, certains considèrent que c’est de la sous-médecine, que ces consultations peuvent passer à côté d’un problème grave, en livrant les patients à eux mêmes.

Mais on peut réaliser 98% des actes que peut faire un généraliste, et on peut consulter en moins de 15 minutes sans rendez-vous. Les Français sont de plus en plus adeptes de ces solutions, on a vu une explosion de la télémédecine lors de la crise sanitaire.

L’étape d’après, ce sont probablement ces cabines connectées. Dont l’avantage est qu’on peut les installer potentiellement n’importe où, les déplacer selon les besoins. Certaines commencent même à être installées... dans des supermarchés ! Une petite consultation entre le rayon charcuterie et les fruits et légumes. L’enseigne Monoprix a commencé à tester ça en banlieue parisienne, ce qui a fait bondir l’ordre des médecins, qui commence à crier au grand n’importe quoi.

La même chose à la maison, pour bientôt?

Ca va en partie arriver –on a déjà des balances, des thermomètres, des tensiomètres connectés. Un ingénieur de Seine-Maritime a mis au point le premier stéthoscope connecté à très bas coût, dont n’importe qui pourrait s’équiper, comme on a tous un thermomètre à la maison, pour une vingtaine d’euros.

Ca s’appelle Skop, un objet imprimé en 3D à base de plastique, en forme d’escarot –ce qui nettoie et amplifie le son- et couplé à une oreillette et un smartphone. Le médecin peut, en visioconférence, écouter les battements de votre cœur.

Une mise à jour très ingénieuse, 2 siècles après l’invention par Laennec, grand médecin français, du premier stéthoscope. Mais ça va aussi passer par les smartphones, de plus en plus sophistiqués, capables, depuis leur caméra, d’analyser certaines constantes vitales comme la pression sanguine, le pouls, la saturation en oxygène, avec une technologie qui consiste à mesurer le taux d’absorption de la lumière par le sang qui circule sous le visage.

Anthony Morel (édité par J.A.)