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Obliger les néo-médecins à s'installer en désert médical? "Du goudron et des plumes pour les types qui ont osé imaginer ça!"

Jean-Paul Hamon, président d'honneur de la Fédération des médecins de France estime que la proposition des députés de forcer les jeunes médecins en désert médical en début de carrière est mauvaise.

Plus de 40 députés vont déposer ce vendredi une proposition de loi pour lutter contre la désertification médicale. Leurs propositions sont chocs: obliger les nouveaux diplômés à exercer pendant 3 ans dans des déserts médicaux.

Les médecins ne pourront, en outre, s'installer dans une zone sur-dotée, qu'après le départ d'un autre médecin. Jean-Paul Hamon, président d’honneur de la Fédération des Médecins de France, est vent debout contre ces propositions et témoigne dans RMC Bonjour ce mercredi matin.

"On voudrait faire installer des médecins dans des endroits où il n'y a plus d'école, plus de transports et où le conjoint n'aura certainement pas de travail donc ça commence à bien faire quoi ! 
Et qu'en plus on dise à ces médecins qu'ils vont s'installer là où on leur dit, sans aucune compensation, sans aucune incitation, sans leur permettre de travailler dans de bonnes conditions... Tout ça c'est particulièrement irritant !"

Jean-Paul Hamon estime que les jeunes médecins doivent se mobiliser contre cette cette proposition.

"Si j'étais jeune médecin, j'irai repeindre l'Assemblée nationale avec du goudron et des plumes pour les types qui ont osé imaginer ça !"

"Nous sommes dans une situation d'urgence", défend un député

Dans Apolline Matin, Thierry Benoit, député UDI d'Ille-et-Vilaine, défend sa mesure et assure que toutes les autres solutions n'ont pas fonctionné. 

"J'observe que les mesures incitatives comme les primes à l'installation, la défiscalisation, la construction de maisons de santé pluridisciplinaires, les contrats locaux de santé, la télémédecine... Rien ne suffit et la situation s'aggrave dans certaines parties du territoire."
Et ça ne concerne pas uniquement les territoires ruraux. Dans certains quartiers populaires de métropoles il y a des difficultés d'accès à un médecin de vie."

Il estime que cette mesure doit arriver au plus en attendant la fin du 'numerus clausus' alors que la France "dans une situation d'urgence".

J.A.