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Sobriété énergétique: le gouvernement appelle les communes à réduire leur éclairage public

Plusieurs communes ont déjà fait le choix de réduire ou d'éteindre complètement une partie de leur éclairage public la nuit. Jeudi, le gouvernement a recommandé cette mesure dans son plan de sobriété. Cela permettrait de faire d'importantes économies d'électricité.

Le plan de sobriété énergétique a été présenté ce jeudi par la Première ministre Élisabeth Borne. Parmi les recommandations de ce plan pour les collectivités territoriales, la réduction de la consommation électrique liée à l'éclairage public.

Plusieurs centaines de communes ont déjà sauté le pas, et éteignent totalement ou partiellement les lampadaires dans les rues. C’est le cas notamment à Rouen, Lorient, Poitiers. C’est très souvent pour des raisons écologiques, mais aussi pour des raisons économiques.

Car l'éclairage urbain représente un gros poste dans le budget. Selon le dernier rapport quinquennal de l'Ademe de 2019, c'est 41 % des dépenses en électricité des municipalités. Et la flambée des factures d'énergie n'arrange rien.

Dès la nuit prochaine, les rues de Creil, dans l'Oise, ne seront plus éclairées entre 00h30 et 4h45. Face à l'explosion du coût de l'énergie, Jean-Claude Villemain, le maire de la ville, n'a pas le choix.

“Ça fait une économie d'environ 35% sur l’éclairage public, ce qui n’est pas négligeable. On espère absorber sur un an l’augmentation qu’il y a actuellement sur l’électricité”, explique-t-il.

Un risque pour la sécurité?

À la clé, des économies donc, mais aussi moins de pollution lumineuse pour les animaux qui vivent la nuit. Mais pour certains habitants, il n'y a pas que des avantages, notamment en matière de sécurité. A Périgueux, la maire Delphine Labails continue à éclairer environ 10% des rues de sa ville.

“D’abord, nous avons un secteur sauvegardé dans lequel on ne se déplace qu’à pied dans des ruelles très étroites. Et puis ensuite, on en a conservé sur les axes de déplacement majeurs pour pouvoir assurer la sécurité des habitants. On a aussi maintenu les éclairages auprès des établissements de nuit pour assurer les entrées et sorties des boîtes de nuit et des bars de nuit notamment”, détaille-t-elle.

À Toulouse, la mairie a lancé une sorte de veilleuse. La nuit, le lampadaire baisse en intensité, mais au moindre mouvement, il se réactive.

Caroline Philippe avec Guillaume Descours