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Sobriété énergétique: faut-il individualiser les frais de chauffage dans les immeubles?

Le gouvernement étudie actuellement toutes les solutions pour réduire la consommation d'énergie. Parmi les pistes envisagées, passer à l'individualisation des frais de chauffage dans les immeubles. Cette mesure, qui ne sera pas présente dans le plan de sobriété présenté ce jeudi, pourrait permettre de réduire de 15% la consommation d'énergie.

Le gouvernement présente ce jeudi son plan de sobriété énergétique. Parmi les pistes envisagées pour faire des économies, l'individualisation des frais de chauffage. Ça ne devrait pas faire partie des annonces du jour, mais le gouvernement veut agir à ce niveau. Concrètement, il veut que chacun paie le montant qui correspond à sa consommation de chauffage. C'est le cas dans seulement 35% des immeubles actuellement.

Partout ailleurs, c'est du chauffage collectif. La facture de chauffage est divisée au prorata de la surface chauffée entre tous les habitants d'un immeuble. Le montant est répercuté dans les charges d'habitation. Un mode de fonctionnement qui n'incite clairement pas à l'économie.

Dans l'appartement parisien de Fanny et de Martin, situé au 8e étage d'un immeuble, pas de chauffage. Dans le salon, on dépasse facilement les 23 degrés grâce au chauffage collectif et à ces tuyaux de chaufferie qui traversent la pièce.

“Juste ça, ça suffit pour chauffer la pièce qui est relativement grande. On a aussi la chance d’être encadrée par deux personnes qui sont âgées et qui chauffent plus fortement”, indiquent-ils.

Alors, l'individualisation des frais de chauffage, “ça nous bénéficierait, c’est sûr” juge Fanny. D'après l'Ademe, l'agence de la transition écologique, ça permettrait de réduire la consommation d'énergie de 15%.

Un manque d'équité entre les locataires?

Mais pas sûr que ça fasse une vraie différence sur les factures, souffle Eddie Jacquemard, le président de la Confédération nationale du logement. “L’investissement que ça représente d’installer des compteurs dans chaque appartement, il faudra des frais de relève… Quand on va mettre tout ça bout à bout, le gap, il n'est peut-être pas si important que ça”, estime-t-il.

Marianne Louis, la directrice générale de l'Union sociale pour l'Habitat, pointe un autre problème. Ceux qui risquent de payer plus sont qui sont chez eux toute la journée.

“Il y a quand même cette question d’équité entre les locataires. Et qui reste le plus chez soi? Ce sont les gens malades, âgés et les assistantes maternelles. Nous, on a la capacité, à travers les chaufferies collectives, de réguler la température pour tout l’immeuble”, précise-t-elle.

Pour elle, comme pour d'autres spécialistes du logement, c'est surtout un vrai plan de rénovation thermique, efficace, qui permettrait de vraies économies d'énergies.

Martin Bourdin avec Guillaume Descours