RMC

Surveillance de la résidence des Macron au Touquet: "On nous retire les moyens de nous défendre"

Brigitte Macron au Touquet.

Brigitte Macron au Touquet. - AFP

Les CRS qui veillent en permanence sur la maison du couple présidentiel au Touquet ont reçu ordre de se faire plus discrets. Selon cette consigne, ils devront éviter les "nuisances" sonores, mais aussi patrouiller sans leurs fusils d'assaut, qui devront rester dans le camion. Johann Cavallero, du syndicat Alliance Police Nationale, dénonce leur mise en danger.

Johann Cavallero est délégué national CRS à Alliance, premier syndicat policier de France.

"Cette consigne fait doucement rire. On demande aux CRS qui sont en point fixe devant et derrière la maison du couple présidentiel de ne plus amener leur arme longue sur la voie publique, et d'éviter les "nuisances" au voisinage. C'est écrit noir sur blanc.

"On nous retire les moyens de nous défendre"

On ne sait pas d'où émane cette consigne, mais elle méconnaît la réalité du terrain. Cette arme, le HK G 36, a été donnée aux forces de l'ordre après les attentats de 2015. A l'heure où l'on est toujours en Vigipirate, en contexte d'attentat, où les policiers sont pris pour cible par des terroristes, on nous retire les moyens de nous défendre.

Pour ce qui est des nuisances sonores, les riverains estiment certainement que les relèves sont bruyantes. En effet, avec 4 à 5 vacations par jour, les gardes tournent. Il y a un véhicule qui arrive, des portes qui claquent. Et il y a toujours une demie compagnie de CRS, soit 40 à 45 policiers, présents 24h/24 et 7 jours sur 7.

Mais on parle tout de même du président de la République, qui est une personnalité qui doit être dûment protégée.

"Cette arme permet une riposte de feu immédiate"

Ce ne sont pas forcément les riverains qui se sont plaints. Je ne serais pas surpris que ça vienne de la hiérarchie, de la préfecture, ou d'un commissaire, ce qui arrive parfois en maintien de l'ordre. Comme pour certaines manifestations l'an dernier, on nous demande d'enlever notre arme parce que "ça fait répressif".

Nous retirer ce moyen de défense primordial, c'est nous mettre en danger dans un contexte terroriste pesant. Nous sommes en état d'urgence. Cette arme permet une riposte de feu immédiate, plus grande, plus précise, face à l'assaut de plusieurs personnes. Elle est indispensable aux collègues sur le terrain.

Le fait de cantonner notre arme d'assaut à l'intérieur de l'habitacle du véhicule, comme on nous le demande, c'est nous faire perdre du temps et des secondes précieuses en cas d'assaut. On demande que cette note soit rendue obsolète."

Propos recueillis par Paul Conge