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"Ce n’est pas le voyageur qui en profite, c’est l’Etat": prendre le train est-il devenu un luxe?

Les prix des billets pour les vacances de Noël choquent les usagers, alors que la SNCF a réalisé des bénéfices record au premier semestre de l'année. Et selon le cheminot des "Grandes Gueules" Bruno Poncet, les voyageurs ne profitent pas de ces bénéfices.

Il y a un mois, la SNCF ouvrait la vente des billets de train pour les vacances de Noël. Au menu, 700 à 800 TGV circulant chaque jour, avec 8 millions de places à la vente pour cette occasion. Mais les usagers font grise mine face au prix des billets. De nombreux auditeurs de RMC évoquent des trajets à des prix inabordables et aucune promotion contrairement aux annonces de la compagnie.

"L'Etat nous demande de ne plus utiliser nos véhicules mais il pourrait faire en sorte que les transports en commun, à commencer par la SNCF, soient à des tarifs abordables pour aller en vacances", peste sur le plateau des "Grandes Gueules" Thierry, fonctionnaire dans les Yvelines.

Alors pourquoi les billets sont si chers? "C’est le yield management", explique le cheminot Bruno Poncet. "Les tarifs ne sont pas constants à l’année mais se font avec l’offre et la demande. Plus il y a de demandes, plus c’est cher. Il n’y a pas un seul tarif qui se ressemble. Et avec une ouverture à la concurrence, l’objectif est de faire des bénéfices et pas faire un service qualitatif", déplore le syndicaliste sur RMC et RMC Story.

"L’actionnaire, c’est l’Etat et je crois que l’été a été une réussite économique complète. Sauf que derrière, ce n’est pas le voyageur qui en profite, c’est l’Etat", ajoute Bruno Poncet.

"Il faut de la transparence et fixer des prix"

"Si tu veux inciter les gens à prendre plus les transports, il faut de la transparence dans les prix et fixer des prix à l'année", plaide le restaurateur Stéphane Manigold. "J'ai l'image d'un James Bond en train de boire un Château Pétrus dans le train dans un cadre exceptionnel. Aujourd'hui, c'est le même prix mais t'as pas cette image", déplore-t-il.

Quant à Sarah Saldmann, elle opte pour une autre solution. "J'invite tout le monde à prendre l'avion. Même en première (classe), c'est devenu la zone dans le train, ça pue dans les rames, les contrôleurs parlent comme des cow-boys et c'est tout le temps en retard", déplore l'avocate.

Les prix parfois exorbitants pratiqués par la SNCF sourient au moins à la compagnie. Selon les résultats publiés par la SNCF elle-même, elle a enregistré un bénéfice net de 928 millions d’euros au premier semestre 2022. Et les prix pourraient encore augmenter en raison des hausses des factures d'énergie à venir.

G.D.