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Chat tué par un train gare Montparnasse: pourquoi la SNCF a laissé partir le TGV malgré l'alerte

Après la mort d'un chat coincé sur une voie de TGV le 2 janvier dernier gare Montparnasse à Paris, les propriétaires envisagent de porter plainte contre la SNCF. Mais certains cheminots expliquent que la compagnie a préféré éviter tout retard conséquent au détriment de la vie du félin.

Ce 2 janvier, Melaïna et sa mère Georgina sont sur un quai de la gare Montparnasse et s'apprêtent à prendre le train qui doit les ramener à Bordeaux, après avoir passé les fêtes à Paris. Mais quelques minutes avant le départ, leur chat Neko, qu'elles transportent dans une sacoche, s'échappe et se réfugie sous les rames d'un TGV stationné en gare et refuse de remonter sur le quai.

La mère et sa fille préviennent les contrôleurs en gare, tente même de faire retarder le départ du train mais ceux-ci restent impassibles. Impossible selon eux de retarder le départ du TGV. Lorsqu'il démarre, Melaïna voit impuissante son chat courir sous les rails avant de se retrouver coupé en deux.

Aujourd'hui, mère et fille réclament que "justice soit rendue", pour Neko et envisagent de porter plainte contre la SNCF, dont les agents sont accusés de n'avoir rien fait pour sauver le chat. "Honte aux employés du groupe SNCF qui ont refusé d’attendre quelques minutes que ce chat ait été récupéré avant de faire redémarrer le train. Les cruautés sur animal de compagnie, et bien sûr la mise à mort, sont interdites par la loi. Là rien n’a été fait pour éviter le pire", a déploré sur Twitter le député de la Nupe Aymeric Caron.

"Cela prend beaucoup de temps"

Mais du côté de la SNCF, on assure qu'il était difficile de faire autrement: "Pour aller sur les rails, il aurait fallu rendre la voie neutre au niveau de l'électricité", explique ce lundi aux "Grandes Gueules", le cheminot Bruno Poncet. "Cela prend beaucoup de temps, ce sont des mesures avec une procédure lourde et ensuite il faut du personnel autorisé pour aller sur les voies", explique-t-il sur RMC et RMC Story ajoutant qu'un sauvetage aurait pu entraîner des retards conséquents, jusqu'à 2 heures de retard. "Si le train rate son créneau, il doit attendre pour avoir le droit de repartir et cela prend parfois plusieurs heures", précise Bruno Poncet.

Il évoque également une journée bondée: "Le 2 janvier (le dernier jour des vacances de Noël, ndlr), je pense que mes collègues ont été dans l'urgence. Le conducteur a pensé et je le comprends, que le chat allait partir au démarrage du train", ajoute Bruno Poncet qui explique que ce type de situation arrive mais qu'en général, l'instinct de survie des chats les fait déguerpir au premier mouvement de train.

Concernant la plainte, le cheminot pense qu'il y a des chances "que cela aboutisse". "Si les procédures ont été suivies, les collègues ne seront pas condamnés", prédit Bruno Poncet.

G.D.