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Conditions de travail, salaires… Pourquoi les routiers sont (eux aussi) en grève

Jour de grève pour les routiers qui réclament de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail. Thierry Douine, président de la fédération des transports CFTC, était l'invité d’Apolline Matin sur RMC et RMC Story et témoigne d'une situation intenable pour les travailleurs de la route.

Les routiers sont en grève. Les syndicats appellent les chauffeurs et les salariés du secteur à se mettre en grève et à bloquer une vingtaine de sites industriels pour faire pression sur le patronat afin d'obtenir des revalorisations salariales.

Dans la plupart des secteurs du transport routier, les salaires ont déjà été augmenté de 5 % en février 2022, puis de 1% en mai 2022. Une hausse qui ne suffit pas à compenser l'inflation, affirment les syndicats de salariés.

"On frise le SMIC pour les routiers" explique Thierry Douine, président de la fédération des transports CFTC, invité d’Apolline Matin sur RMC et RMC Story.

"Des conditions de travail pitoyables"

Même constat pour Yves Cartier, chauffeur routier en Ile-de-France, qui estime que "le SMIC (les) rattrape", alors qu'il espérait une augmentation à "deux chiffres".

Après "sept ans" sans "négociations sur les minimas", Thierry Douine chez les routiers dénonce des "conditions de travail (qui) sont pitoyables" dans des "entreprises qui n'ont jamais fait autant de bénéfices" et juge que ces employeurs ont les "moyens de faire un effort" et demande de "se remettre autour de la table tous les 3-4 mois."

"On ne nous propose pas de salaire, on est dans l'ingratitude et on est un peu orphelin. On n'a plus de ministre, on est les oubliés. Il faut revoir totalement les conditions de travail. Il faut retrouver un équilibre sinon on n’y arrivera pas. Ce sont des métiers pénibles et qualifiés avec une formation importante."

"On n’a même plus le temps de faire pipi"

Yves Cartier aussi a constaté aussi, année après année, ses conditions de travail se dégrader:

"On n’a même plus le temps de manger le midi. On n’a même plus le temps de faire pipi. Ça devient n’importe quoi."

Face à ces conditions, il ne conseille plus aux jeunes de faire ce métier.

"On prend l'inflation de plein fouet"

Du côté des organisations patronales du secteur du transport routier, Sandrine Bachy, présidente nationale de l'Unostra, défend cette hausse de 6%. Et il lui paraît difficile de faire mieux pour le moment.

"On a les matières premières qui augmentent: le gasoil, les pneus ont plus que doublés. L’inflation on la prend aussi de plein fouet."

Elle souhaiterait que le gouvernement bloque les prix du carburant pour aider les transporteurs routiers: "Il ne faudrait pas que ça aille au-delà d’1,90 euro", juge-t-elle. Malgré tout, Sandrine Bachy en a conscience: si l'inflation augmente encore, de nouvelles négociations salariales devront avoir lieu dans les prochains mois.

Aymeric Dantreuille et Maxime Martinez