RMC

Grève dans les raffineries: des automobilistes se précipitent déjà dans les stations-service

La dernière grève dans les raffineries de pétrole n'est pas si loin et tous les automobilistes ont encore en mémoire les temps d'attente à la pompe. Dans le Val-d'Oise, certains se précipitent déjà pour faire le plein, alors que plusieurs journées de grève viennent d'être annoncées contre la réforme des retraites.

Face à la réforme des retraites, la branche pétrole de la CGT appelle à plusieurs journées de grève, les 19 et 26 janvier et le 6 février. Les sites normands d'ExxonMobil et de TotalEnergies sont concernés. "L'arrêt des installations de raffinage" est envisagé "si nécessaire".

Une mobilisation qui entraînerait des "baisses de débit" et "l'arrêt des expéditions" a précisé le coordinateur national du syndicat pour TotalEnergies. Cet appel à la grève inquiète les automobilistes, deux mois après les pénuries de carburant. Dans le Val-d'Oise, notamment, certains commencent déjà à remplir le réservoir à ras bord en prévision d'une nouvelle crise.

Les passages à la pompe lors de la pénurie d'octobre, Doriane s'en souvient encore très bien. “C’était un peu l’enfer, il fallait attendre. Parfois, ça a mis 1h30, 2h”, se remémore-t-elle. Cette animatrice périscolaire fait 50 kilomètres par jour avec sa voiture, et redoute de nouvelles files d'attente.

"Ça me stresse beaucoup parce que j’ai vraiment besoin d’accéder à une pompe rapidement”, appuie-t-elle.

La crainte de nouvelles files d'attente monstres

Nordine, commerçant, a filé à la station dès qu'il a appris pour les prochaines perturbations dans les raffineries et les dépôts.

“C’est mon outil de travail donc je vais faire le plein pour ne pas être en galère des fois qu’il y aurait une pénurie”, indique-t-il.

La dernière crise des carburants avait perturbé son activité. "C’est traumatisant. Ça m’est arrivé de sortir à 3h du matin parce que je connais quelqu’un qui va monter une station à 4h du matin pour faire le plein. Et puis le lendemain à 6h, il faut aller travailler”, dénonce-t-il.

Mais cette fois-ci, pour ces automobilistes, l'attente se fera avec plus de compréhension, explique Marcel. "Ça passera mieux parce que là, c’est pour une bonne cause. Moi, je suis retraité, mais je pense aux enfants, et puis aux futurs retraités dans quelques années”, assure-t-il.

Reste que les pompistes craignent eux aussi de nouvelles pénuries et des files interminable, parfois à l'origine de scènes de chaos en octobre dans plusieurs stations françaises.

Kévin Gasser avec Guillaume Descours