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Réforme des retraites: à quoi faut-il s'attendre pour la grève du 19 janvier?

Face aux nombreux préavis de grève notamment pour la journée du 19 janvier contre la réforme des retraites, Elisabeth Borne a mis en garde les syndicats ce jeudi. "Il y a un droit de grève, il y a un droit à manifester" mais "c'est important de ne pas pénaliser les Français" a prévenu la Première ministre lors d'un déplacement.

La fronde contre la réforme des retraites s'organise. Plusieurs fédérations, comme la CGT Pétrole, se projettent déjà au-delà de la journée de mobilisation nationale du 19 janvier et semblent vouloir inscrire le mouvement dans la durée. SNCF, RATP, raffineries, hôpital, éducation nationale, fonction publique... À moins d'une semaine de la première journée de grève, le 19 janvier, la mobilisation s'organise et le gouvernement veut lui jouer profil bas.

"Matignon nous demande de calmer le jeu", explique un ministre qui aurait préféré taper plus fort contre les futurs grévistes. Car ce qu'il se joue dès à présent, "c'est l'éventuelle paralysie du pays, le blocage de la réforme et la peau de la Première ministre", confie un membre du gouvernement.

Ne pas mettre de l'huile sur le feu, éviter les déclarations à l'emporte-pièce, mais aussi faire de la pédagogie quitte à dramatiser les enjeux. "Nous dansons au-dessus d'un volcan", explique un pilier de la majorité qui rappelle la hausse récente des taux d'intérêt, l'état de la dette publique et les incertitudes économiques qui menacent l'avenir du régime des retraites. Au-delà de la future bataille avec les syndicats, le gouvernement a déjà entamé celle de l'opinion.

Des grèves reconductibles ou des actions coup de poing?

Si le gouvernement, par la voix d’Élisabeth Borne, a appelé à la responsabilité pour ne pas arriver au blocage du pays, il ne faut pas s'attendre à ce que la France soit paralysée durablement dès le vendredi 20 au lendemain de la première grande journée de mobilisation. À l'exception des énergéticiens, salariés d'EDF, de GRDF, d'Enedis, qui comptent reconduire la grève immédiatement, avec des actions coups de poing, la plupart des secteurs vont s'en tenir à une journée d'action et reprendre le travail le lendemain, quitte à durcir le mouvement dans les semaines qui suivront.

Ce sera notamment le cas à la RATP, à la SNCF, dans la fonction publique et chez les éboueurs. "On ne veut pas partir sur un conflit dur tout seul", explique un responsable cheminot. Les raffineurs ont eux décidé d'un calendrier, avec une montée en puissance sur les trois prochaines semaines, jusqu'à la possibilité début février d'une grève reconduite chaque jour, avec blocage de la production et la distribution de carburant.

Guillaume Descours avec Jérémy Trottin et Victor Joanin