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"Quand je pars en vacances, mon salaire retombe à 1.800€": un contrôleur SNCF en grève s'explique

Dans "Les Grandes Gueules" ce mercredi sur RMC et RMC Story, un contrôleur à la SNCF explique pourquoi lui et ses collègues ont déposé un préavis de grève pour le week-end de Noël. Un mouvement qui impacte fortement les départs des trains.

Le réseau SNCF paralysé pour les fêtes de Noël. Seuls 2 trains sur 3 seront en circulation ce vendredi 23 décembre, jusqu'au lundi 26 décembre, en raison d'une grève des contrôleurs. Selon la direction de la SNCF, 1 voyageur sur 4 va voir son train supprimé. Le collectif ASCT, à l'initiative de la mobilisation, aurait déjà alerté l'entreprise et ses dirigeants sur les conditions de travail.

Eric, contrôleur sur l’axe Nord, fait partie de ce collectif qui s’est monté fin septembre. Il estime qu’il y a un échec au niveau du dialogue social, alors que les contrôleurs demandent des discussions depuis septembre donc.

"Les tables rondes qu’il y a eues, c’est pour noyer le sujet. On nous parle de primes mais le sujet n’est pas là. Ce qu’on demande, c’est du liquidable, que nos primes soient comptées pour notre retraite qui est très basse", explique-t-il ce mercredi sur le plateau des "Grandes Gueules".

1.800 euros nets par mois sans primes

Aujourd’hui, Eric assure gagner 2.400 euros avec les primes de contrôles après 20 ans de travail. "Mais quand je pars en vacances, je n’ai plus mes primes, je retombe à 1.800 euros nets", ajoute le contrôleur sur RMC et RMC Story.

Et il n’est pas convaincu par les premières annonces de la direction de la SNCF, qui a d'ores et déjà proposé une prime "pour tous les cheminots" de 600 euros bruts par an, ainsi qu'une indemnité supplémentaire uniquement pour les contrôleurs de 600 euros bruts par an également.

Une prime qui demeure en-dessous des espérances des grévistes, l’indemnité étant fixée à 38 euros nets par mois. Le collectif ASCT se dit prêt à revoir ses revendications à la baisse mais restera intransigeant sur un point: "Partir à la retraite avec un déroulement de carrière décent", comme le demande Eric.

Les billets annulés remboursés à 200%

Du côté des usagers, l'exaspération est à son paroxysme. Notamment chez Chantal, qui habite dans les Côtes d'Armor et qui ne pourra pas voir ses enfants le 24 décembre. Venus d'Australie, ils ont vu leur train depuis Paris supprimé et ont dû se rabattre sur une autre option moins commode.

"Ils arriveront quand même le 25 à Saint-Brieuc mais ils ne seront pas là le 24", explique Chantal. "Ils auront eu plus de 30 heures de vol, seront fatigués et vont devoir payer un hôtel. J'ai bien essayé de venir les chercher mais ça fait 1.000 kilomètres aller-retour. Et louer une voiture pour eux, c'est 900 euros. J'ai déjà fait grève dans ma vie sauf que là, je trouve que c'est indécent de continuer pendant la période des fêtes", déplore-t-elle, très remontée.

"Ça provoque des tsunamis dans les familles. Comme moi, il y a des gens qui ne vont pas pouvoir voir leurs enfants et leurs petits-enfants. C'est inadmissible", renchérit Marie-Claude sur le plateau d'Estelle Midi.

"C'est pervers et dégueulasse de le faire au moment où les Français partent faire les fêtes en famille. Je ne comprends pas", conclut Zohra Bitan.

Face à la grève, la SNCF a annoncé ce mercredi que les usagers qui voyaient leur train supprimé allaient être remboursés à 200%. Peut-être pas suffisant pour calmer la colère. Ni pour les syndicats.

Guillaume Dussourt