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Grève SNCF: "C’est le 15e mouvement en décembre depuis 2003, c’est insupportable"

Dans "Apolline Matin" ce mercredi sur RMC et RMC Story, le président de la Fédération européenne des voyageurs dénonce la situation provoquée par la nouvelle grève à la SNCF pour les vacances de fin d’année.

Pas de train pour Noël. C’est le problème auxquels sont confrontés environ 200.000 voyageurs, sur 800.000 ce week-end, en raison de la grève des contrôleurs SNCF. Si l’entreprise a présenté ses excuses et annoncé un remboursement à 200% des billets annulés, la grogne est logique et légitime du côté des usagers, privés de retrouvailles en famille ou forcés de trouver d’autres solutions, presque au dernier moment.

"C’est le 15e mouvement qui affecte le mois de décembre depuis 2003, ça devient une litanie insupportable, dénonce Michel Quidort, président de la Fédération européenne des voyageurs, dans ‘Apolline Matin’ sur RMC et RMC Story. On a un collectif de contrôleurs autonome, hors syndicats, qui négocie avec la direction de la SNCF, mais par syndicats interposés… On n’a jamais vu ça. Pour le voyageur, cela induit le stress inévitable, les vacances gâchées, le fait de devoir se reporter avec des coûts supplémentaires sur la voiture, le car, l’avion…"

"Je ne défends pas la SNCF, il y a peut-être une politique de ressources humaines à revoir et à corriger, mais je trouve que la position de l’entreprise aujourd’hui est extrêmement inconfortable puisqu’il y a un dialogue indirect, ajoute-t-il. On peut appeler les gens à la raison. Il y a un tiers des 800.000 passagers concernés par ce mouvement, qui vont se trouver le bec dans l’eau et vont rester à quai. Le train est un moyen de transport utile, populaire. C’est dommage de scier la brancher sur laquelle les employés sont eux-mêmes assis."

"Une certaine irresponsabilité"

De nombreux voyageurs perdent aussi le bénéfice d’avoir réservé leurs billets en avance, au moment de la mise en vente. "On est dans une période assez instable et inquiétante pour tout le monde, pour des tas de raisons. Et là, on enlève cette sécurité de se dire qu’on achète son billet deux ou trois mois à l’avance et qu’on est tranquille. Non, on n’est pas tranquille. Et les gens vont encore une fois être mis devant le fait accompli", regrette Michel Quidort, qui souligne également les difficultés de la SNCF.

"Il ne faut pas se tromper: la SNCF, ce n’est pas Total, assure-t-il. Elle n’engrange pas des milliards de bénéfices à redistribuer à ses salariés, malheureusement. C’est une entreprise surendettée, qui émarge au budget de l’Etat et c’est normal parce que c’est un service du bien commun. On est dans une configuration où c’est le contribuable, à la fin, qui va payer la note. Il y a une certaine irresponsabilité, non pas de tous les employés de la SNCF, mais de ces catégories qui s’obstinent dans des voies sans issue. On souhaite aussi remercier les agents SNCF qui ne vont pas faire grève, qui seront sur les quais pour renseigner les gens. Ils vont avoir à faire face à des gens un peu agressifs et remontés."

LP