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RATP: accord trouvé sur une augmentation du temps de travail des conducteurs de bus et tram

Image d'illustration - Des bus de la RATP stationnés dans un dépôt près de Paris.

Image d'illustration - Des bus de la RATP stationnés dans un dépôt près de Paris. - Ludovic MARIN / AFP

Vers une amélioration de la situation à la RATP ? Deux syndicats sur quatre sont parvenus à un accord avec la direction pour une augmentation du temps de travail contre une augmentation de salaire.

Un début de déblocage? La RATP a annoncé vendredi avoir signé un accord avec les syndicats FO et Unsa, majoritaires à eux deux, prévoyant "une augmentation du temps de travail des conducteurs de 120 heures en moyenne par an". En contrepartie, les conducteurs de bus et tramways verront leurs salaires augmenter de 372 euros brut par mois.

Avec cet accord, la RATP, dirigée par l'ancien Premier ministre Jean Castex, espère "retrouver le plus rapidement possible" un niveau de service de qualité alors qu'un quart des bus ne roule pas depuis septembre en raison de difficultés de recrutement, d'une hausse de l'absentéisme et de grèves sporadiques.

Cet accord "témoigne d'un dialogue social renouvelé", a salué la RATP. Il vient mettre un terme à plusieurs mois de conflit au réseau de surface (RDS) qui opère 354 lignes de bus à Paris et en petite couronne.

De 6h42 de travail moyen quotidien à 7h22

La direction précédente avait déjà tenté de trouver un accord pour augmenter le temps de travail des machinistes en échange de hausses de salaires afin de se préparer à l'ouverture à la concurrence prévue le 1er janvier 2025, mais aucun syndicat n'avait accepté de le signer.

L'ancienne PDG, Catherine Guillouard, avait donc décidé de modifier unilatéralement les conditions de travail des conducteurs en les faisant travailler une vingtaine d'heures de plus par an en échange d'une augmentation annuelle de 460 euros brut.

Passage de 121 à 115 jours de repos par an d'ici 2024

Arrivé à la tête de la RATP fin novembre, Jean Castex a aussitôt érigé le dialogue social en priorité de son mandat pour ramener de la sérénité au sein de l'entreprise, confrontée à un bouleversement majeur avec la fin de son monopole à Paris.

L'accord signé par deux syndicats sur quatre (mais pas la CGT ni la CFE-CGC), prévoit donc le passage de 121 à 115 jours de repos par an d'ici 2024 pour 18.000 conducteurs de bus et tramways.

L'amplitude journalière de travail va également passer de 11 heures à 13 heures, et plus de service "en deux fois" - c'est-à-dire deux services dans la même journée - seront possibles. Enfin, le temps de travail quotidien moyen va être augmenté de 40 minutes, passant de 6h42 à 7h22.



Outre l'augmentation de salaire de 372 euros brut par mois qui interviendra dès janvier, les conducteurs de bus et tramways vont bénéficier d'une hausse de 20% d'une prime de qualification-pénibilité, "la portant à 70 euros brut par mois".

Grâce à cet accord, la RATP espère aussi améliorer son attractivité pour favoriser les recrutements de conducteurs "dont le métier est de plus en plus exigeant dans la zone urbaine dense francilienne".

En 2022, le groupe public a quasiment atteint son objectif de 1.500 recrutements et prévoit des volumes de recrutement équivalents pour 2023.

Avec AFP