RMC

"Un père", "un homme exceptionnel": la classe politique rend hommage à Jacques Chirac

S'il n'était pas aimé de tous, Jacques Chirac était pourtant reconnu par ses proches comme par ses adversaires, comme un personnage humain, avec une grande culture.

Plusieurs anciens ministres et proches de Jacques Chirac ont tenu à rendre hommage à Jacques Chirac après l'annonce de sa mort par sa famille. L'homme qui a occupé de nombreux postes politiques au cours de sa longue carrière a laissé des souvenirs impérissables. 

Pour Renaud Muselier, Jacques Chirac était "comme un père". 

"Il a marqué ma vie, il a marqué son époque. On faisait partie avec François Barouin, Christian Jacob, Philippe Briand de ce qu’on appelait à l’époque les bébés Chirac. On a participé à tous les combats politiques avec lui. On l’a accompagné quand il était président de la République, et c’était un homme exceptionnel de douceur, de bonté, avec une vision sur la formation du monde. Je suis bouleversé, je me sens orphelin", indique-t-il. 

La France populaire "orpheline"

Une émotion partagée par son ancien ministre Jean-Louis Borloo qui s’est dit "complétement affligé" au micro de RMC. Il décrit également un homme qui allait au-delà que le simple personnage politique. 

"C’est un des personnages au monde qui a la plus grande culture encyclopédique : celle des gens, de l’art de la musique...", a-t-il indiqué.

Pour l’ancien ministre des Finances de Jacques Chirac, Alain Madelin, la mort de l’ancien président de la République laisse une grande partie de "la France populaire orpheline parce qu’il rayonnait de cette proximité et de cette humanité qui n’était pas feinte", affirme-t-il.

Pour François Bayrou qui a lui aussi été ministre de Jacques Chirac, ce qu'il retient de l'ancien président c'est cette volonté qu'il avait de tenir à "l'unité du pays. Quand il y avait des tensions, des manifestations, il a toujours refusé d'aller au bout pour ne pas créer de fractures supplémentaires", a-t-il ajouté.

Un autre ex-ministre, Philippe Douste-Blazy, a réagi sur notre antenne:

"Il y avait à la fois une grande fermeté et à côté il y avait une sensibilité extrême qui l'amenait à combattre pour défendre les plus démunis dans le monde. J'ai fait des voyages en Afrique avec lui, il y avait des dizaines de milliers de personnes sur le bord de la route parce que Jacques Chirac était considéré comme celui qui pensait à eux. Les plus humbles, les plus faibles, les plus démunis était dans sa tête au moins au même niveau que les plus aisés. C'est pour cela qu'il a toujours défendu les souverainetés des pays".

L'ancienne ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie a aussi réagi à la nouvelle: "La profonde affection familiale fait que je ressens très douloureusement cette perte. Mais ce n'est pas seulement personnel. Les témoignages que je reçois depuis ce matin montrent que les Français sont à l'unisson de cette peine".

Luc Ferry, ancien ministre de l'Education sous Jacques Chirac a salué un président fin connaisseur de géopolitique: "Il nous a évité la guerre en Irak, il connaissait le monde arabe et l'Afrique comme personne. De ce point de vue là, ça été un très grand président".

L'ancien maire de Paris Jean Tiberi a déploré "une perte pour Paris et pour la France. C'était un homme exceptionnel, un grand maire et un grand Président de la République".

"L'ennemi a droit au respect"

La mort de Jacques Chirac a également fait réagir dans les camps opposés. Sur RMC, son grand rival en 2002 lors de la présidentielle, Jean-Marie Le Pen a fait une courte déclaration.

"Mort, même l'ennemi a droit au respect. Mon commentaire tient en une phrase", a-t-il lancé avant de raccrocher.

Sa fille, Marine Le Pen, actuelle président du Front National a quant à elle à saluer le courage de l'homme qui avait été "capable de s'opposer à la folie de la guerre en Irak". 

Guillaume Descours