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Urgences: les centres de régulation du Samu croulent sous les appels

Les centres d'appel du Samu ont vu leur activité augmenter de 21% en juillet, depuis que le ministre de la Santé a recommandé d'appeler le 15 avant de se rendre aux urgences. Certains hôpitaux ont constaté depuis un désengorgement de leurs services mais le Samu est débordé.

Débordement d'appels au Samu. Un mois après que le ministre de la Santé a appelé la population à contacter le 15 avant de se rendre aux urgences pour soulager les services hospitaliers, le résultat est sans appel.

Les centres de régulation du Samu ont vu leur activité augmenter en moyenne de 21% en juillet par rapport à l'année dernière à la même période, selon les résultats de l'enquête du syndicat Samu-urgences France. En parallèle, le nombre d'arrivées dans les services d'urgences à l'hôpital ont augmenté de 12%.

Entre 50 et 75% d'appels en plus dans le Tarne-et-Garonne

Les résultats sont flagrants aux urgences de Montauban et de Moissac, où le passage par le Samu est obligatoire pour accéder aux services d'urgences.

"Le volume de passages a diminué entre 25 et 40%, les professionnels arrivent à gérer les flux de manière beaucoup plus optimale et pour les patients il y a moins d'attente", explique Hélène Pizzut, la directrice du SAMU dans le Tarn-et-Garonne.

Mais le centre d'appel a connu de son côté une augmentation du nombre d'appels "entre 50 et 75%", une augmentation "lourde à absorber" malgré la mise en place d'une ligne supplémentaire.

Plus d'une heure d'attente

Même constat au CHU de Grenoble, où Guillaume Debaty, chef de service du centre d'appel du SAMU, reçoit "quasiment 1800 appels par jours, soit 15% d'appels en plus sans réellement plus de moyens pour le faire".

"On n'arrive pas à pourvoir toutes les lignes qui ont été ouvertes, ça allonge le temps d'attente, les appels qui relèvent de l'urgence vitale sont toujours traités en priorité mais pour des appels moins urgents, des fois il faut attendre un peu plus d'une heure pour avoir le médecin au téléphone", explique-t-il.

Manque de personnel

Le bilan est le même pour Dominique Savary, membre du conseil d'administration de Samu-Urgences de France. Passer par le Samu avant d'aller aux urgences est "une bonne solution" pour désengorger durablement les hôpitaux, seulement ce dispositif doit s'accompagner d'une augmentation du personnel.

"Il est absolument nécessaire qu'on renforce les personnels pour pouvoir répondre parce qu'en plus du flux d'appels habituels, les Samu se retrouvent avec ces patients qui sont devant les urgences et qui les appellent pour leur demander s'ils peuvent entrer aux urgences" explique-t-il sur RMC.

Cette demande du gouvernement intervient alors que, depuis plusieurs mois, de nombreux services d'urgences sont dépassés partout en France. Certains ont même dû passer fermer certaines nuits, comme à Lyon, en région parisienne ou encore dans les Alpes-de-Haute-Provence.

Le ministre de la Santé était auditionné mardi par la commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale sur la situation des services d’urgences. Il s'est rendu ce mercredi en Loire-Atlantique pour partager avec les acteurs de santé du territoire.

Alfred Aurenche et Aymeric Dantreuille, avec E.R.